[Ciné/Docu/TV/Streaming] C'est Michael Bay et Don Draper qui rentrent dans un bar

Vu récemment :

  • The Odyssey : je n’ai pas vu passé les 3h alors que mon siège était cassé et que l’écran était taille home-cinéma, très loin de l’experience premium Imax. Je ne me suis même pas énervé une seule fois alors que le gars à côté a passé la séance à sortir des trucs à bouffer de son sac en plastique qui faisait frouch-frouch toutes les 5 minutes, les joies du cinoche en multiplex. Malgré quelques bonnes scènes, j’ai néanmoins eu l’impression de voir copuler une longue pub pour parfum avec un spin-off de Games Of Thrones. Et ça fait encore un film de Nolan que j’aimerais voir remonter moins cut et plus subtil (ces contre-champs systématiques et inutiles…).

  • The Dog Stars (La Constellation du Chien) : Ridley Scott enchaine les prods comme une fuite en avant, dommage qu’il n’ai pas arrêté après le parfait The Last Duel (2021). Ce Dog Stars ne dit rien et ne tente rien, un pur gâchis tant ce setting post-apo aurait pu être fécond. Reste la technique irréprochable et des plans aériens somptueux. La mamie a côté de moi était très sympa et vivait (à ma place) toutes les scènes intensément.

  • Disclosure Day : j’ai lu tellement de retours négatifs sur le dernier Spielberg que j’y allais presque par curiosité morbide. Contre toute attente, c’est de loin le blockbuster que j’ai le plus apprécié cet été : un thriller maitrisé avec des idées efficaces et des plans qui savent prendre leur temps. Typiquement le genre de films qui sera réhabilité dans 10 ans malgré ses menus défauts. Pour le coup, j’ai apprécié de le voir à la maison, sans autre homo sapiens pour me voler ma concentration.

Cinéma, ma foi, inégal, mais qui au moins essaie. Et sa chaîne sera sûrement l’occasion rêvée pour revisiter ses films.

Ils sont duraille, dis donc : c’est film Sony Pictures (qui marche sur l’eau en ce moment) tiré d’une IP de jeu vidéo ultra populaire chez PlayStation et qui fête son trentième anniversaire. L’extrait était cool, en plus.

S’ils avaient commencé par la nouvelle bande-annonce de Street Fighter, bon, j’aurais compris la grogne.

Le Resident Evil de Zach Cregger est le film que j’attends le plus ces prochaines semaines, mais c’est vrai qu’en prenant en compte le climat actuel de hausses tarifaires, de licenciements, d’arrêt des disques et de la semi-déception des exclus first party sur cette génération, je n’aurais pas forcément commencé mon State of Play par ça non plus.


J’ai vu les Masters Of The Universe = c’était bien mieux qu’escompté. Débile comme il faut et avec des séquences de bagarres super bien chorégraphiées et découpées pour une prod américaine.

Comme tout blockbuster récent, tout est ruiné par ce besoin d’ironiser constamment et de lâcher une punchline dès que ça devient beau – avec un humour attendu qui ne marche quasi-jamais sur moi.

Ca faisait longtemps que je n’avais pas apprécié un film avec Jared Leto. Et bonus si vous êtes curieux, des gens se sont amusés à produire une version 3D side-by-side qui marche plutôt bien dans l’ensemble.

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Je savais Nathan Fielder capable de trucs franchement WTF mais alors là…

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Alors st’a dire que je veux tout voir de ce gars ! J’invoque la toute puissance des cousins VHS !

Je pense me visionner The Rehearsal bientôt, merci pour le rappel. Pas assez de temps dans une journée terrestre, vivement qu’on déménage sur une autre planète. En plus, on s’est lancé dans l’intégrale de Walking Dead récemment et il y a juste trop d’épisodes (et ça me donne envie de lire la BD en parallèle).

Pas encore vu RRR (2022), est-ce que ça vaut vraiment le coup ?
(Rapport au manque de temps évoqué plus haut)

Ca a l’air très indien.

Je le confondais jusqu’il y a peu avec Jallikattu (2019) dont j’entendais beaucoup de bien. J’ai eu du mal à la trouver en blu-ray et j’ai pu finalement le chopper chez Potemkine récemment.

L’histoire d’un buffle rogue qui sème la terreur dans un village, et de sa traque sans relâche. Sur le papier, mon genre de film. Je m’attendais à une lecture sensible du rapport à l’animal, et du bestial qui entre en jeu lorsque deux espèces s’affrontent, un film concept et viscéral loin des canons/clichés habituels. Au final, ce film (plutôt quelconque esthétiquement) met près d’une heure à se lancer, les villageois passe leur temps à se gueuler dessus, le buffle fait 1,30m et parait complétement inoffensif. Grosse déception, même si ça aurait fait un court-métrage sympathique. A réserver aux fans hardcore de Kaamelott et d’Intervilles (période vachettes).

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RRR est vraiment à voir, mais uniquement sur grand écran et bonne sono car c’est du grand spectacle. Donc je dirais projo, ou attendre une reprise ciné (j’ai vu qu’il y en avait une bientôt à l’UGC près de chez moi… le programme est peut-être national?)

Sinon en ce moment je suis dans la série de téléfilms BBC The Hollow Crown, adaptation des tragédies historiques de Shakespeare, avec le script d’origine (merci les sous-titres anglais).
7 x 2h tout de même (malgré de nombreuses coupes), avec toute la fine fleur des acteurs anglais (Ben Whishaw, Jeremy Irons, Tom Hiddleston, Benedict Cumberbatch, John Hurt et j’en passe… il y a même un caméo de Lambert Wilson en roi de France nullos à l’époque d’Azincourt !)
C’est absolument génial. Je n’ai jamais eu le courage de me fader les Shakespeare en papier (j’ai vu une ou deux représentations théâtre, mais plutôt les Hamlet etc), là on a le texte d’origine déclamé par des acteurs au top, dans un entre deux absolument parfait entre échanges vivants et respect de la scansion. Il n’y a pas les moyens d’un blockbuster (tout le budget est passé dans le casting), mais avec un peu d’imagination ça passe crème (d’autant que les costumes, eux, sont magnifiques).
Entre la brutalité et la vilenie des scénarios, et les échanges qui sentent bons le stupre et la tripe derrière la grandiloquence de la noblesse, on comprend à quel point l’œuvre a pu inspirer jusqu’à nos jours.
Je savoure tranquillement les derniers épisodes, car après Cumberbatch en Richard III malformé, ce sera fini… snif !

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Alors figure-toi que je l’ai vu pas plus tard que vendredi dernier, dans un contexte bien précis : 1/ madame est fan de Bollywood 2/ je viens d’investir dans une TV Philips OLED Ambilight, et clairement, le but était de s’envoyer du pop corn dans les mirettes. Et dans ce contexte-là, c’est par-fait.

Sur le film en lui-même, il faut aimer les délires du cinéma indien, qui ferait passer n’importe quel nanar pour un film d’auteur calme et sérieux : on sent clairement qu’il y a à chaque décision de mise en scène un flowchart de type « cette idée est-elle débile ? » → oui → « cette idée est-elle complètement pétée? » —> « oui » → « non mais sérieux, cette idée est-elle tellement over the top que toute la salle va exploser de rire ? » → « bah oui » —> « bon ok faut la mettre dans le film, alors ».

Il y a des ralentis de partout, ça se bat avec des régiments de tigre, ça danse et ça chante pour un oui ou pour un non, ça se téléporte d’un plan à l’autre… C’est vraiment de l’insouciance fait cinéma, comme si le film avait juste la trouille que le spectateur s’emmerde, alors qu’en réalité il ne lui en laisse jamais le temps ni l’once de la possibilité.

Pour le reste j’ai d’abord cru à un schéma narratif à la Breaking Bad : alors qu’une innocente gamine a été arrachée à ses parents et son village par un gouverneur britannique particulièrement détestable, l’homme à tout faire dudit village décide de partir la délivrer coûte que coûte ; mais un flic indien intraitable, dévoué à la couronne britannique, met tout son honneur à défendre ledit gouverneur. Et pour ne rien arranger les choses, sans rien connaître l’un l’autre de leurs fonctions et objectifs respectifs, ils se lient accidentellement d’amitié, et forcément, il va bien falloir qu’à un moment, ils se rendent compte qu’ils sont ennemis. C’est en tout cas le pitch du film pendant une bonne heure trente, puisque Bollywood oblige, au bout d’un moment, twist, un tout autre film commence, de peur que le spectateur n’en ait pas eu pour son argent.

Sur la forme, c’est impossible de ne pas passer un bon moment ; ou en tout cas impossible de ne pas trouver un degré qui convienne pour savourer le film. Visuellement, c’est d’une générosité hallucinante, même si on n’est pas dans de la photographie d’une grande subtilité, mais les couleurs sont magnifiques, on voyage en permanence, les contrastes entre les quartiers sont saisissants, et à tout moment s’il a peur que ça ne soit pas assez le film passe la vitesse supplémentaire et balance des FX débiles ou des scènes d’action débilo-géniales. Franchement, rien que pour la scène de sauvetage du môme après l’explosion d’un pont (c’est vers le début, je ne spoile rien), il faut le voir.

Sur le fond, @Merou devrait apprécier car ça coche totalement la case « les Anglais sont les méchants », à tel point que je me suis fait parfois la remarque qu’il n’y avait absolument aucune différence entre le traitement de l’empire britannique et de l’Empire dans Star Wars : en gros, George, c’est Palpatine. On en vient au point qui est tout de même le plus… hmmm… exotique ? C’est un film profondément décolonialiste et patriotique, tendance national-révolutionnaire, sous couvert de pop corn.

Résumé

(D’ailleurs les deux protagonistes sont inspirés de personnages réels du mouvement révolutionnaire indien, qui en vrai ne se sont jamais rencontrés - je le mets en spoiler car je ne le savais pas, et je n’aurais pas du tout été surpris par le twist si j’avais eu l’info)

Le réal Rajamouli a pris de nombreuses libertés scénaristiques, et c’est franchement un euphémisme, tant la fin vire dans le, hmmm, autre chose, pour le dire poliment, un autre chose qui se rapproche davantage d’une sorte d’Avengers hindou. Heureusement madame était à côté pour m’expliquer les refs, que je n’avais pas, mais c’est clairement conçu pour faire plaisir à l’égo indien. Je ne vois aucun équivalent français ou américain possible, tant ça mêle drama, histoire, action et mythologie. En tout cas @Kanu si t’as l’occasion vois-le, de toute façon c’est assez peu racontable, et tu ne verras plus jamais les ponts, les motos et les tigres de la même façon après.

En bonus, la scène de la chanson-phare du film, Naacho ! Naacho ! (« danse ! Danse ! ») qui a remporté l’Oscar de la chanson originale de l’année en 2023, et est dans le ton du film en termes d’énergie. Mais c’est une des scènes les plus calmes.

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N’en jetez plus, vous me l’avez super bien vendu et il entre dans la todo immédiate avec les flims de Brandon Cronemberg et The Rearsal (en me notant The Hollow Crown pour après).

J’adore le côté over the top de Bollywood/Mollywood mais, je ne sais pas, il y a un mauvais goût fond vert qui ne passe pas avec les prods récentes (type Ra.One). J’ai plutôt un faible pour la mise en scène fauchée et les chansons d’antan.

(Ici Paadu Nilave - 1987)

C’est une impression qui ne résistera sans doute pas longtemps, tant c’est un continent cinématographique que j’ai à peine exploré. Preneur d’autres recos si madame Sop en a, ne serait-ce que les grands classiques récents.

Accented Cinema a fait une jolie chronique sur Eega:

Des potes à moi sont fan absolu de Singham :

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J’avais adoré à l’époque de sa sortie en salles et je vous conseille aussi (après visionnage) ces deux clefs de lecture déjà partagées dans ce même topic en 2022.

◉RRR and Rajamouli’s Hindutva

◉Unpacking RRR, Indian Politics, and Cinema

Au passage, une version Takarazuka du film est actuellement sur les planches à Takarazuka, avant de bouger à Tokyo en fin d’année.