J’ai passé la semaine sur 9 Kings, et c’est vraiment, vraiment super.
Par contre, j’ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi.
Sur le papier, c’est vraiment simple : roguelike autobattler pseudo RTS, chaque tour on ajoute/renforce des buildings ou des unités à sa base, puis un combat se déroule automatiquement, on gagne une carte parmi les cartes de l’adversaire battu, et ainsi de suite.
Je pense que la réussite du jeu est due au fait que tout s’enchaîne super bien. Il n’y a aucune friction, tout va super vite, pas d’information overload, et aussi une pureté de design basée sur le chiffre 9 : chaque roi a 9 cartes (3 unités, 3 enchantements, 3 buildings), il y a 9 rois, on peut équiper son roi avec 9 perks, donc il y a à la fois une vraie variété et aussi la variété est circonscrite pour empêcher qu’on soit débordé par les possibilités. Un run dure entre 10 minutes et 30 minutes, donc on n’a pas le temps de s’ennuyer ou de temps gâché en se retrouvant bloqué après une longue partie : en général, quelques minutes suffisent pour estimer comment la partie va se jouer, et le restart est toujours à portée de main.
Un autre élément de la fluidité vient des combats, qui sont simplifiés. Les ennemis ne jouent pas exactement selon les mêmes règles que nous, ils n’ont ni base, ni bonus spécifiques, ni intervention de leur roi : c’est juste un groupe des 3 unités du roi qui augmentent en nombre et en stats au fur et à mesure, sans surprise, sans mélange d’unités d’autres rois comme nous pouvons le faire…
Du coup, il y a un certain matchup à apprendre, mais les infos à retenir sont très simples : le magicien a de l’AOE, le steampunk a une grande quantité de troupes faibles, le démon n’a que des troupes de mêlée très fortes, le capitaliste attaque l’arrière-garde, le nomade est facile mais a un boss très fort… L’info à retenir tient en une seule phrase. On apprend les spécificités des rois ennemis en les affrontant, mais les subtilités de chaque roi ne sont présentes que lorsqu’on les joue, ce qui, encore une fois, rend le jeu beaucoup plus accessible et addictif sans le rendre simpliste.
Et enfin, surtout, la grande qualité du jeu qui le sépare de la majorité des autres jeux dans le genre est le mode quête. Chacun des 9 roi a 9 niveaux sur mesure, avec un début et des conditions plus ou moins fixes. Certains niveaux sont juste un niveau normal en plus difficile, certains sont presque un tutorial centré sur montrer l’intérêt d’une certaine carte et comment maximiser son impact, certains sont carrément juste un puzzle avec une réponse fixe à trouver en fonction des éléments du jeu dont on dispose.
Ça paraît étrange d’enlever le hasard d’un roguelike, mais en fait, c’est un espace de level design spécifique et réfléchi, un truc antithétique au genre normalement. C’est les niveaux les plus durs du jeu, et à ce niveau, la chance a un impact beaucoup trop fort (certains niveaux sont si spécifiques qu’ils ne sont battables qu’avec une combinaison précise, et si on n’a pas les cartes dès les 2 premiers niveaux autant recommencer) mais ça ouvre un espace de stratégie puzzlesque vraiment unique (multiplié par 9, fois 9).
Le jeu est encore en early access mais la seule feature qu’il manque est un mode PvP si je comprends bien, et osef total en ce qui me concerne. C’est encore une pépite en provenance de Hooded Horse, qui décidément commence à devenir un danger pour mon temps libre.