Le topic du Le Japon.

La célèbre ligne de train Yamanote fêtait ses 100 ans ce week-end.

La JR East a pondu son propre petit clip commémoratif.

Une rapide mais fort complète leçon d’histoire anglophone de la Yamanote avec un accent australien impayable :

Et bien sûr, un petit tour de la ligne pour la peine. Alternativement, il y a aussi la version « depuis la fenêtre des passagers ».

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JR toujours, telle une vulgaire fonctionnaire victime des coupes drastiques dans les dépenses de l’État, la mascotte de la :penguin: Suica est poussée vers la retraite ; une décision qui va probablement aussi bien se passer qu’avec le pingouin de Donki en 2022.

Très chouette, cette compil’ de refrains qui seront pour la plupart familiers à quiconque a voyagé au Japon, agrémentée (à quelques exceptions près) d’explications sur chaque morceau.

00:00 Don Quijote Theme Song
03:38 Hard Off Store Background Music
08:25 Yobikomi-kun Song
09:19 Yodobashi Camera Song
11:51 Daiso Theme Song - Happy Price Paradise
13:21 Waon Theme Song
14:01 Muji Stores Background Music
17:19 Bic Camera Theme Song
19:21 Life Supermarket Background Music
22:30 Quick trip to Family Mart
22:38 Osakana no Tengoku
26:44 Shimamura Theme Song
28:41 Yamada Denki Theme Song
29:50 Lopia Supermarket Theme Song
30:54 Edion Theme Song
31:42 Max Valu Theme Song
34:46 Why are we at Sushiro
34:56 Hotaru no Hikari

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J’expliquais le concept des 忘年会 bōnenkai au Japon, ce rituel incontournable de se retrouver entre collègues, anciens camarades de classes ou partenaires commerciaux pour un pot ou dîner de fin d’année, et on m’a posé une excellente question : « mais ça a commencé quand, au juste, cette mode de faire des bōnenkai au Japon ? »

Je m’attendais à un truc né grosso modo avec l’industrialisation du Japon et le développement d’une classe bourgeoise moderne post-restauration Meiji, voire une mode lancée par une bande de restaurateurs futés, mais l’origine est bien plus vieille que je ne l’imaginais.

The Japanese tradition of bōnenkai (忘年会, literally « forget the year gathering ») dates back to the 15th century and evolved from a formal gathering of the aristocracy into the popular year-end drinking parties held today. The core purpose is to leave the past year’s troubles and regrets behind and look forward to the new year with a fresh perspective.

Historical Development

Muromachi Period (1336–1573): The tradition’s origins can be traced to this period, where it was initially known as nōkai (納会, « great achievement gathering »). These were formal occasions, often among samurai lords and nobility, to express gratitude and solidify relationships, sometimes involving poetry recitals.

Edo Period (1603–1868): The practice became more widespread and popular among the general population, including merchants and artisans. It evolved into a more relaxed occasion, closer to the modern drinking party, where people could eat, drink, and forget the year’s challenges.

Meiji Restoration (late 1800s): Following the end of feudalism, the tradition was solidified across different social classes and the term « bōnenkai » became commonly used without annotation in literature, indicating its widespread practice.

Post-War Economic Boom: In modern Japan, the bōnenkai became a staple in corporate culture, primarily as a way for companies to foster camaraderie, boost morale, and allow employees to socialize outside of formal work settings, often through a concept known as « nominication » (blending drinking with communication).

Today, bōnenkai are informal events, often among coworkers or friends, where participants are encouraged to relax and not worry about formal hierarchies (known as bureikō). They involve drinking and eating to « wash away » the stress of the year and prepare for the next.

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:christmas_tree::santa_claus::wrapped_gift: C’est l’esprit de Noël (enfin, selon Jake Adelstein) :

Has the Sexy Spirit of Japanese Xmas Been Lost Forever?

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Bon résumé du résultat des élections législatives anticipées au Japon le week-end dernier.

En espérant que la drague délibérée des idéaux ultra-conservateurs limite un peu fachos par Takaichi ces dernières années était juste pour la blague, hein ? … Hein ?

Rigolo de voir qu’à peu près n’importe quel touriste devenu familier avec le Japon a eu la même fausse bonne idée une fois dans sa vie. Je ne dénonce personne mais je pourrais @ pas mal de monde sur ce forum (moi compris).

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Finally, an Idolmaster clone game where the idols are all detergents and cleaning agents



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À Tokyo, la ligne de métro violette , autrement dit la 半蔵門 Hanzōmon, a été transformée par les miracles d’un marketing malin en 半蔵モン Hanzō~mon pour quelques jours, en hommage à メタモン Metamon, alias :united_kingdom: Ditto / :france: Métamorph, le héros de Pokémon Pokopia.


Le dernier History Matters dresse un récap intéressant de l’échec de l’invasion mongole du Japon, au delà du cliché du Kamikaze ou de votre partie de Ghost of Tsushima.

Bonne chance avec le durcissement radical contre l’immigration.

Je savais bien que tout ce temps passé à m’entrainer au taf finirait par payer.

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Je ne connaissais pas assez l’histoire de la naissance des USA, heureusement il n’est jamais trop tard pour s’instruire.

https://www.resetera.com/threads/japan-edo-period-book-童絵解万国噺-on-the-founding-of-america-is-this-a-accurate-record-of-america.1478512/

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Je dois vous raconter mon expérience d’hier soir tant elle était « Boulette compatible ».
J’étais au dîner donné par les Macron aux partenaires culturels japonais. Outre quelques pique-assiette dans la catégorie « jeune entrepreneur qui en veut », il y avait les huiles prévisibles de la délégation française (ambassadrice, ministre de la culture, président de l’Inalco, directrice du musée Guimet, pdg de Glénat et de Média-Participations etc.), et un casting sympa côté japonais: le rédac-chef de Shônen Sunday, le pdg de Kôdansha, Eiko Tanaka (directrice du Studio 4°c, productrice sur Totoro, Kiki, Memories etc), Masa’aki Yuasa (le réal de Mind Game, Devilman Crybaby etc), Kazuhiko Torishima (=Mashirito) et Rumiko Takahashi, ainsi que Rie Kudan, une jeune romancière qui a fait le buzz récemment en expliquant avoir utilisé l’IA pour l’aider à écrire un de ses romans, un peu prise dans les phares la pauvre.

La soirée a bien commencé puisque j’avais pressenti le gap dans la notion de ponctualité entre les invités japonais et la délégation FR : arrivé assez tôt pour faire le joint, j’en ai profité pour discuter avec Torishima et Takahashi, qui m’a gentiment fait un petit dessin pour madame. On s’est mis tous les trois à une table dans un coin et c’était marrant d’écouter le Mashirito commenter le travail de l’artiste « ah ouais tu fais comme ça le col mao, ah là là on sent l’expérience ». Je la remercie en disant qu’avec ça je vais échapper au rouleau à pâtisserie en rentrant à la maison, et il enchaîne « tu rigoles? avec ça tu te mets bien pendant au moins deux-trois mois mon cochon! ». Je ne connaissais pas le personnage mais c’est effectivement un sacré bateleur conforme à sa légende, qui a passé la soirée à faire son numéro de camelot à Macron pour vendre les mangaka japonais.
À table j’étais à côté de Yuasa avec qui on a un peu discuté de son projet d’adaptation d’un roman de Yoshimoto Banana (sortie prévue cette année mais retard probable), et échangé avec Takahashi sur les outils numériques (comme prévisible, elle est 100% papier/crayon alors que lui est au taquet là-dessus).
Les Français commencent à arriver, Yuasa les regarde goguenard tenter divers degrés de courbette, me fait remarquer avec une pointe de regret que « les choses ont bien changé depuis le bon vieux temps où ils venaient te serrer dans les bras à la première occasion ».
Macron arrive, fait son tour de table et se voit offrir un cellulo de Porco signé par Miyazaki, « qui n’a pas pu venir pour raisons de santé mais qui a tenu à lui offrir ça en hommage à son discours de désescalade sur la guerre en Iran ». Je ne sais pas si Miyazaki a vraiment saisi les positions de Macron, ni si ce dernier a capté qu’un cellulo n’était pas un dessin original mais il était ravi. Yuasa me fait « merde, j’aurais dû lui apporter un truc ! Si j’avais pas été prévenu 2 jours avant aussi… » : CQFD.
Le dîner commence. Macron explique qu’il est là pour parler pop-culture, collaboration bilatérale sur les projets et les problèmes type piratage, et lance la « conversation » là-dessus. Évidemment, à cause de la traduction, c’est toujours des formats un peu figés: il désigne une personne et l’interpelle sur un sujet, et ensuite une autre pour enchaîner etc. Et parfois des volontaires se déclarent pour intervenir.
Ça commence de manière assez classique avec un point sur le piratage côté éditeurs français et japonais, Macron prend quelques notes notamment quand le PDG de Kôdansha rappelle que désormais, plus des 3/4 des ventes de manga au Japon se font sur les formats dématérialisés (90% du total des publications numériques vendues dans le pays sont du manga). Puis ça bascule un peu dans l’irrationnel quand on commence à parler des œuvres, qu’on passe de Stink Bomb (Tanaka en profite pour lui filer un t-shirt floqué MEMORIES) aux animés de la secte Aum, Akira et Ken le survivant… pour finir sur un kaméhaméha de Macron avec Mashirito et Brigitte Lecordier (qui me disait galérer depuis la fin de la grande époque pour trouver du taf, « trop identifiée à Goku » : seuls les Japonais daigneraient encore l’embaucher).
J’ai apprécié la courte intervention de Rumiko Takahashi en cloture, qui rappelle que les mangas sont un loisir d’enfants, qu’ils doivent pouvoir acheter avec leur argent de poche, et regrette la hausse des prix des volumes devant les éditeurs japonais et français dans leurs petits souliers. Une mamie adorable comme on aimerait tous en avoir une.

Par devoir de réserve, je ne m’étends pas sur certains points de la rencontre et de son organisation, et pour les mêmes raisons, il a fallu serrer les dents à certains moments, notamment durant le récap’ de l’expo manga au musée Guimet, ou quand des éditeurs connus pour leur pingrerie à l’égard des traducteurs pro font l’éloge de leur travail pour condamner les scantrads… mais c’est là que la petite romancière a eu son heure de gloire en expliquant qu’elle avait grandi en lisant un max d’éditions pirates et que sans ça elle ne serait peut-être pas devenue écrivaine. J’ai trouvé ça bien couillu de sa part en conclusion des discours martiaux des éditeurs et du dirlo de l’Arcom ! Bon elle s’est évitée l’incident diplomatique en offrant la VF de son roman à Macron et en précisant « qu’il contenait des citations de son Roland Barthes adoré » (sans toutefois préciser si elles lui avaient été soufflées par Claude™).


Voilà pour le débrief de cette expérience un peu lunaire mais instructive. Je compte sur le caractère confidentiel de Boulette et la mansuétude de la DGSI ^^

[edit 02/04/26: ajouté quelques précisions]

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Incroyable. Un reportage en coulisses digne du Canard Enchaîné. On se demande bien qui a lancé le sujet sur Aum. Le repas était-il français pour faire resplendir la gloire de la gastronomie hexagonale aux yeux mouillés de l’Orient, ou bien au contraire, s’agissait-il de rouleaux concombre mayo Matsuri Sushi pour faire voyager Manu sans trop le dépayser non plus ?

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Repas dans un vieux resto traditionnel japonais qui a une longue histoire d’accueil de dîners au sommet (notamment Sun Yat-sen pour lequel on avait confectionné un passage secret au cas où les discussions tourneraient au vinaigre)

Spoiler:
c’était pas ouf. En plus je ne mange pas de viande.
Par contre le blanc japonais était étonnement sympa, et le rouge excellent, mais là il en allait de L’HONNEUR DE LA FRANCE !
PS. Liqueur de yuzu = fuyez cet immonde limoncello à moustache…

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Le potentiel boeuf-fromage orientaliste de ce menu me fascine, cherchons les mots-clefs :

  • Wagyu
  • bambou
  • wasabi
  • sushis
  • runner-up : crabe & oursin

Cher topic du Le Japon,

Voici une confession aléatoire : je suis incapable de faire le deuil des personnes et des choses que j’aime. J’ignore d’où vient ce manque de maturité, qui me laisse systématiquement bloqué quelque part entre déni et acceptation intranquille.

Si la perte est survenue dans ma ligne temporelle, je sens aussi que, dans une ramification d’existence que je pourrais emprunter, il me serait possible de convoquer assez d’énergie pour retrouver ce qui a disparu. Et ces ramifications continuent d’exister dans ma géographie mentale quotidienne, un peu comme les modèles de bulles quantiques où chaque micro-action accouche d’un cosmos alternatif. Virtuellement, rien n’a disparu. Seulement, je n’ai pas encore trouvé comment effectuer ces sauts entre bulles et je reste coincé dans la mauvaise.

Il faut que j’en parle à mon psy ChatGPT, j’ai toujours eu un rapport compliqué au temps.

Concernant le Japon, je ressens le même type d’affect que pour mes grands parents maternels. Comme eux, ce pays (largement fantasmé à travers ses artefacts culturels) a bercé ma jeunesse et m’a offert un socle impérissable de souvenirs heureux. Et, comme eux, il a progressivement abandonné le dehors pour mourir en ville.

Le visionnage de cette traversée de la ville fantôme de Kitami (Hokkaido) m’a plongé dans la même torpeur que celle ressentie les années qui ont précédées la mort des mes grands-parents, en les voyant s’éteindre chaque visite un peu plus.

Sous-titres activables

Il y a également ce périple à Yubari, où le vidéaste tombe sur une fresque détaillant les nombreux bars, restau et hôtels dont il ne reste aujourd’hui plus rien.

Et ces images m’ont rappelé un concept croisé il y a plus de quinze ans dans L’œil du purgatoire, celui du « présent vieilli ».


Cairn

Une partie de moi, celle qui résiste à l’idée de voir son socle s’effriter, s’imagine être seulement en train d’halluciner la mort des campagnes japonaises. Tout va bien pour le moment, ces villes et villages regorgent de vie, j’ai juste un bacille dans l’œil.

C’est le cœur chargé que j’écris ces lignes, cher topic.
J’arrête d’ailleurs ici ce post, j’avais de toute façon prévu aujourd’hui de m’enfoncer dans le désespoir et la marginalité.

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Je comprends, j’avais exprimé il n’y a pas si longtemps cette frustration de voir toutes choses changer pour disparaitre. Il n’y a finalement que dans les jeux vidéo que l’on peut faire du tourisme mémoriel et y retrouver les choses à leur place tel qu’on les a toujours connues.

Lors de mon tout premier pèlerinage au Japon en 2006 (20 ans sa mère, il faudrait fêter ça), avec les loustics @Merou et @Tanguy, ce dernier m’avait fait fantasmer le potentiel d’un non changement, en me racontant l’anecdote d’un vélo accroché à la fin des vacances dans une ruelle peu fréquentée, qu’il avait retrouvé à la même place l’année d’après. J’avais trouvé cette anecdote fantastique, même si je doute aujourd’hui qu’elle fut vraie, tant j’ai pu constater par moi même, les années suivantes, que les objets que j’y avais laissé avait eux disparus. Sans parler des quartiers qui n’étaient plus les même d’une année à l’autre.

J’ai été témoin de la transformation du quartier d’Asakusabashi sur un carottage d’une décennie, ce qui eu pour conséquence de me plonger dans une immense nostalgie, et un amour inconsidéré pour ce quartier somme toute assez banal, comme si j’y avait passé mon enfance. Alors que j’y ai juste passé les plus beaux et intenses moments de ma vie.

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