♪ Quaaand je jouuue ♪ Impressions, questions et discussions JV

Je me suis récemment acheté une Xbox Series S, console qui se trouve assez facilement comparée à sa grande soeur, et au prix relativement modique. L’idée derrière est de pouvoir bénéficier du Game Pass, alors que le streaming sur mon Macbook laisse à désirer, et que l’idée de me racheter un PC de compète en 2022 me fait suer. En plus elle est toute petite et choupette. Son poids est par contre surprenant pour sa taille, elle pèse le poids d’un petit parpaing.

Passons sur les détails, mais c’est aussi ma première Xbox, et du coup j’ai commencé et terminé mon premier Halo à 40 piges. Halo Infinite donc, dernier épisode et soft reboot d’une série emblématique du FPS, mais un poil dépassée par les évènements depuis 2007 et un certain Modern Warfare.

Alors je sais, on vous dit Halo, et si vous êtes comme moi, vous voyez un FPS dont le protagoniste porte une armure verte incluant une visière de casquette, ainsi qu’une direction artistique qu’on qualifiera de « chatoyante ». Petite disgression, un de mes bons amis a 10 ans de moins que moi, et Halo et la Xbox originale sont ses fondations de joueur, au même titre que moi et la SNES et Super Mario World. C’est amusant de voir le décalage de référence.

Bref, Halo Infinite est à mon sens une excellente surprise qui aurait pu être un coup de génie, mais qui se plante aussi joyeusement. Revenez, j’ai de très bons arguments pour cela. Donc c’est un reboot open world de Halo, suivant la philosophie de design que Breath of The Wild a su apporter à la formule de Zelda. A savoir un retour aux fondamentaux de la série, accompagnée par une grosse idée offerte dès les premières minutes du jeu, le tout supporté par une approche systémique dans le game design et une excellente exécution. Et c’est tout : pas de gadget, pas de gameplay ad-hoc jeté au niveau d’après, etc. Un feature set hyper serré, mais hyper profond. Concrètement ça se traduit par un focus sur un gun feeling et des 3C en titane (on est dans un FPS après tout), sur lequel ils ont rajouté un grappin qui donne l’impression de contrôler (et je cite un journaliste ici) un tanky spiderman.

Ce postulat de départ est ensuite mixé dans un monde ouvert aux dimensions raisonnables, et dont la principale raison d’être est de servir de cadre à des rencontres ouvertes dans divers points de la map, où cette excellente base de gameplay se mélange aux ennemis et nombreuses armes du jeu. Particularité de la série que je ne connaissais pas, on passe son temps à ramasser des armes par terre, et le jeu encourage à tester tout ce qui traine, vu la restriction sur les munitions de chacune.

Et là, bah je sais pas comment le dire, mais y a de la magie qui se passe. Tout rentre en résonance, tout prend corps, on atteint le même type de flow state que dans un Sekiro. C’est vraiment la marque de quelques grands programmeurs gameplay chez 343, tout y est réglée au millimètre. La constance danse du mouvement, de la gestion des armes et de l’espace, c’est vraiment du grand art.

Et cette partie reste exceptionnel tout du long, pas une seule fois le combat ne devient une corvée.

Mais, car il y a évidemment un gros mais, c’est là que le développement au long court du jeu montre ses marques, et que cette fabuleuse base se heurte à la réalité d’un jeu qui a du se trouver très tardivement. A savoir que le jeu souffre de deux grands travers : 1. on visite littéralement deux environnements jusqu’à écoeurement, et 2. les développeurs décident aux deux tiers du jeu que l’open world c’était bien mignon, mais en fait maintenant faudrait faire quelques heures de couloirs uniquement composés du décor numéro 2. Je suppose qu’un manque de temps a du conduire à raboter de plus grandes ambitions de monde ouvert, mais l’expérience de jeu en ressort singulièrement diminuée.

Et base de gameplay de feu ou pas, ça devient du coup vite répétitif. Sans compter que c’est pas l’histoire ou l’univers qui me branchaient à la base, c’est pas comme si je pouvais me rattraper là dessus.

Bref, ça vient gâcher un travail exceptionnel, pour ce qui aurait pu être un comeback digne de Zelda en 2017. Mais en tout cas ils ont de quoi faire une excellente suite.

Voilà, je voulais partager cet instant cathartique : j’ai 40 ans, j’ai fini un Halo avec plaisir. Je me demande ce qui m’attend maintenant dans ma vie. Me mettre avec plaisir à Gran Turismo ? M’enthousiasmer pour Xenoblade Chronicles ? Devenir semi pro à Guilty Gear ? Me mettre à l’opium et à la philatélie ? Toutes mes certitudes sont brisées.

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