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Shining Force

J’ai profité des récents voyages de boulot pour commencer UFO50, mais j’ai tellement abhorré l’uchronie complètement claquée, illogique et paresseuse enrobant fort maladroitement les 50 expériences disparates proposées que j’ai préféré retourner dans le véritable passé.

Je me suis donc retapé le premier Shining Force, que je snobbe trop souvent pour ses suites. Cela faisait bien une décennie (peut-être depuis la sortie Virtual Console ?) que je n’avais pas sérieusement refait le premier épisode. C’est intéressant d’analyser le jeu avec une meilleure assimilation des contraintes de l’époque.

Sorti en 1992 sur Mega Drive, c’est (avec le recul) très clairement le rejeton de deux énormes succès Famicom de 1990, Dragon Quest IV et Fire Emblem. Donc un croisement entre un JRPG resté volontairement accessible au plus grand nombre, et une variation Heroic Fantasy d’un jeu de plateau stratégique du type échecs ou shōgi.

On y retrouve en particulier le ton humoristique typique de Dragon Quest, qui insuffle une bonne humeur naïve à l’univers, même dans ses chapitres les plus sombres, et caractérise n’importe quel perso en deux lignes de dialogue. Ce ton est d’ailleurs étonnamment bien retranscrit d’ailleurs dans la version anglophone d’époque.

De Fire Emblem, le jeu reprend évidemment les combats tactiques et une meilleure caractérisation de chaque unité (par rapport aux autres pionniers du genre), mais surtout – et c’est plus subtil – sa mécanique de RNG pour les statistiques augmentées à chaque passage de niveau, ce qui peut modifier considérablement l’utilité de chaque personnage dans chaque partie. Certains persos seront craqués quoiqu’il arrive, mais d’autres pourront devenir un boulet pour vous alors qu’ils seront le MVP du joueur voisin. Cela récompense donc les parties successives et autres speedruns.

Comme avec tous les premiers classiques de la Mega Drive récompensés par une suite développée sur une plus grosse cartouche et avec plus de staff (Streets of Rage 2, Sonic 2, The Super Shinobi II), le premier épisode souffre avant tout énormément de la comparaison technique avec la cartouche 24Mb de Shining Force II : ce dernier est plus long, plus varié, plus coloré etc.

On me répond souvent que l’absence de Tamaki au charadesign fait du mal à SF2 mais alors, ça ne vaut que pour la couverture et le manuel, car ses sprites et portraits de personnages dans le jeu sont ma foi beaucoup moins détaillés et charismatiques (comparé à son taf sur Feda ou Alundra par exemple) ; sûrement faute, là encore, du peu de ROM disponible.

Les progrès techniques seuls n’expliquent pas tout : la B.O. de SF2 est à la fois plus variée et plus réussie que la B.O. de SF1, l’interface a été rendue nettement plus confortable, on a d’avantage d’options pour faire évoluer ses personnages, l’exploration offre plus de liberté et surtout les gimmicks des maps sont non seulement plus nombreux mais aussi bien mieux intégrés dans le jeu, même quand ils ont déjà été essayés dans SF1. (D’ailleurs, Laser EyePrism FlowersValkyrie = le même concept amélioré à chaque épisode.)

Injustement pénalisé par cette connaissance des améliorations introduites par ses suites, Shining Force est donc parfois un poil contraignant et surtout poussif, notamment vers les deux-tiers du jeu quand s’enchaînent inexplicablement quelques batailles en montagne qui pénalisent affreusement les mouvements des personnages humains. L’autre célèbre « problème » du jeu est la sur-efficacité des magies, couplée au taux d’esquive limite paranormal des Bosses face aux attaques physiques. SF2 corrigera le tir en rendant les magies presque trop inoffensives, mais il est globalement mieux équilibré. Ses ennemis sont aussi moins stupides.

Je me plains, je chipote, mais SF1 reste un jeu assez fantastique pour l’époque, un des piliers du Simulation RPG, et la version originale a ma foi bien mieux vieillie que ses contemporaines (qu’on parle de DQ4, DQ5, le premier Fire Emblem ou Langrisser). D’ailleurs, je continue de préférer cette version Mega Drive au remake Game Boy Advance.

Je vous conseille cette excellente rétrospective du jeu, déjà partagée ici, si vous désirez un regard plus complet sur le jeu.

Ça m’a évidemment donné envie de relancer Shining Force II mais ce ne serait pas très sérieux (mon dernier The End date de 2023) et je vais donc plutôt essayer de revisiter les petits neveux de la série, la duologie Golden Sun sur GBA.

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