Pas juste de la musique, mais la démonstration d’un art qui se perd, la science des platines, avec le tonton Egyptian Lover toujours là pour montrer comment on mixait au tout début du hiphop et de l’électro.
Ces petits tours de passe passe paraissent simples, mais ne le sont pas du tout, et demandent non seulement un solide sens du rythme pour le faire aussi proprement, mais aussi un peu de mathématique pour savoir combien de tours remonter en arrière pour créer une boucle infinie, technique favorite de Grandmaster Flash.
Dans la plus pure tradition du turntablisme, il utilise deux vinyles identiques pour effectuer ses routines, comme avec le passage avec Kraftwerk à 12:43. Notez comment il trouve en 5 secondes la position de la tête de lecture du disque en train de jouer, sur le disque qui ne joue pas encore, mais qu’il est en train de caler dans ses oreilles. Un vrai pro.
Sa technique spéciale, qu’il est le seul à maîtriser (je n’ai jamais vu un autre DJ faire ça) : la lecture en arrière. A la main. Notamment à 12:11, mais surtout à 25:10, en se payant le luxe de poser et de caler un autre disque avec l’autre main en même temps. Et tout ça dans un calme olympien.
Un set ultra technique, mais aussi historique puisqu’il enchaine les hits qui ont marqué l’histoire de l’électro (le vrai) et du hiphop.
Vous ne verrez pas ça tous les jours.