[Ciné/Docu/TV/Streaming] C'est Michael Bay et Don Draper qui rentrent dans un bar

Encore un super essai de P.H. Willems sur l’histoire, la gloire et le déclin des vidéoclips – et surtout les réalisatrices et réalisatrices derrière ces vidéos.

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Vu Super Mario Galaxy. Je me suis endormi à une vingtaine de reprises (réveillé à chaque fois en sursaut par le film). Mon fils s’est endormi 45 minutes. Quatre amis différents avec qui j’en ai parlé se sont endormis. C’est absolument fascinant ce que ce film provoque : une lassitude visuelle et sonore telle que l’esprit passe en hibernation. Les louages de la presse me dépassent complètement, je soupçonne que celle-ci a surtout voulu éviter de passer pour des pisse-froid, sauf que c’est l’un des rares cas où si j’en crois AlloCiné, la critique est bien plus généreuse que le public. Le film n’a ni queue ni tête, c’est un amoncellement aussi vain qu’épuisant de références gratuites et de personnages survolés, à l’image de Yoshi, introduit en cinq minutes, et qui ne sert plus à rien. A part celui de Bowser, les arcs narratifs sont inexistants ou inintéressants au possible. Surtout, à force de se vouloir survolté en permanence, le film n’a aucun rythme, ou s’il y a des respirations rythmiques, j’étais déjà assomé à dormir. Je ne comprends même pas comment il a pu recevoir le feu vert pour sortir en salles alors qu’il contrevient à la plupart des règles élémentaires en matière de récit. C’est vraiment prodigieux. Une sorte d’accident industriel aussi prodigieusement animé que d’un ennui abyssal. J’en ressors avec une tendresse inattendue pour le nanard de 93, qui avec moins de moyen, moins de contrôle, arrivait à proposer un truc accidentellement plus cohérent que cette espèce de mauvaise publicité assommante d’1h30 sous acides. A part deux trois gimmicks visuels, je ne trouve pas grand chose à sauver.

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???

Mais il s’est fait défoncer absolument partout ? Seul le grand public plébiscite – comme pour le premier film, du reste. Perso, « j’aurais adoré si je l’avais vu quand j’avais sept ans », comme le premier, dirais-je poliment.

L’univers présenté (genre la planète-casino, la planète des méchants etc.) était cool. J’étais content de voir Wart. À part ça… Le scénario n’a aucun intérêt (bon déjà, de base, mais a fortiori) pour un film ; sa construction m’a plutôt rappelé les bandes dessinées hebdomadaires de Topolino/Mickey ou, par exemple, la fameuse manière dont a été conçu Tintin au Pays des Soviets, ou encore – probablement le meilleur exemple ici – le manga Super Mario de Motoyama Kazuki chez Kodansha, à grands coups de « et ensuite… » comme si tout le monde pifait un peu le prochain tournant de l’intrigue sans la construction classique d’un long métrage. Ce serait sans doute mieux passé en BD ou en série TV découpée en dix vignettes de dix minutes. On peut aussi défendre que ça ressemble d’avantage au véritable découpage narratif d’un jeu Super Mario que le premier film, mais je ne sais pas si c’est un compliment.

Par contre, techniquement, c’est vraiment impressionnant et même plus inventif que le premier. Gros coup de pouce pour le passage du théâtre de Guignol assez bluffant.

(Allez voir Project Hail Mary, plutôt.)

Vu le matériel source, mieux vaut qu’un film Mario soit une succession de scènes décousues avec des décors fantastiques incohérents, non ? Ça me paraît plus fidèle qu’un schéma narratif classique avec enjeux émotionnels et progression psychologique des persos. C’est aussi intéressant qu’un ride dans une fête forraine, c’est pas du Bergman mais ça n’a jamais été la proposition.

C’est si bien, Project Hail Mary ? Le trailer ne me parle pas trop…
(En vrai, je suis frustré parce que la sortie officielle de 国宝 a été repoussée deux fois, maintenant c’est en mai, grumble grumble)

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Oui, c’est exactement ça. (Enfin, il y a des choix de lore qui interpellent, mais rien de très aventureux non plus.)

Je peux totalement comprendre qu’on aime le film si on adore Mario : c’est littéralement une ride en CG dans cet univers. Ça me paraît difficile d’adhérer sans cette condition de départ, mais ce sont sûrement (comme Les Minions récents) des expériences en salles qui ont aussi de la chance d’exister en pleine dépénalisation du cannabis aux États-Unis.

Un truc que j’aime bien, au fond, c’est que ça bourre tellement de refs dans chaque film qu’on aura clairement pas à se taper un film par jeu. Celui-ci, c’est un peu Super Mario USA + World + Galaxy + Odyssey dans le même bus. Et d’après le teaser de fin, par exemple, on pourrait facilement imaginer que le troisième film regrouperait au minimum tout l’univers Game Boy, donc Daisy + Tatanga + Wario. Et cela ne représenterait probablement qu’un tiers du film.

Mais dans l’absolu, je ne peux pas en vouloir à @sopinambour de culpabiliser d’avoir montré ça plutôt qu’un Ghibli ou même n’importe que Pixar à son rejeton. Les gamins dans ma salle étaient extatiques.

⇩ma salle ⇩



Grauman's Chinese Theatre - Wikipedia

Ça dure 2h30 alors que tu pouvais, au fond, sans déconner, raconter exactement le même film en 1h30 mais sinon, c’est vraiment top.

On dirait du Zemeckis de la Grande Époque, un vrai film S.-F. popcorn bons sentiments des années '80, sur un scénario et un univers original (celui du bouquin), qui parvient à expliciter de la science pipo-compliquée en trois phrases d’exposition et a l’intelligence de zapper les trucs du genre « OK cette partie-là un peu chiante aurait dû durer trois ans au lieu de trois jours mais OSEF on a un film plus intéressant à raconter ». Rigolo quand il faut, touchant quand il faut, waouh l’Espace quand il faut.

Évidemment, le contrat de base est qu’il faut aimer Ryan Gosling, puisqu’il occupe 80% de la pellicule, mais qui n’aime pas Ryan Gosling, qui a l’air d’être le type le plus sympa et équilibré du cosmos hollywoodien ?

Rien que l’aspect 100% positiviste sur le boulot des scientifiques de tous horizons qui coopèrent pour le bien commun, sans une once de violence ou de considération économique, a un côté assez touchant et nostalgique, façon Il était une fois… L’Espace / « Le Futur de la Communauté Économique Européenne de Monnet et Schuman que les bouquins scolaires nous avaient naïvement promis », dans le contexte éprouvant du XXIème siècle qui n’en finit plus de XXIémer.

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Ah c’est un grand oui*

*si tu supportes le cabotinage de Ryan Gosling* …

Je te rassure, je n’en attendais pas un Bergman. J’étais parti pour passer un moment pop corn sans prétention, après avoir plutôt apprécié le grain de folie du premier, et notamment tout son passage halluciné sur l’affrontement entre DK et Mario dans la jungle puis la course fofolle façon Mario Kart, de grands moments de nawak très satisfaisants en accompagnement de pop corn sucré. Mais le film se tenait. Là, j’ai l’impression qu’il souffre d’être ou bien trop rempli de seynettes et persos sans rapport, ou bien trop court, mais il a une densité qui le rend absolument indigeste, comme un grand huit qui passerait son temps à monter et descendre sans jamais ménager de périodes de respiration, pourtant essentielles pour reprendre son souffle et laisser monter l’appréhension de la suite. Là, tout s’enchaîne sans même que le spectateur n’ait le temps d’être intrigué.

Comme signalé je faisais surtout référence à AlloCiné. Mais il semble que depuis que je l’ai vu (il y a deux semaines) le rapport de force se soit inversé.

En vrai, mon perso préféré du film n’est même pas un perso officiel Mario, c’est la petite étoile bleue nihiliste. J’étais mouif sur le deuxième film jusqu’à ce qu’elle apparaisse en stinger à la fin, mais après j’étais :deux thumbs up:
Je ne sais pas comment le film est fait, mais je la trouve très « un français a écrit ces lignes ».

Naviguer dans son modèle m’a donné quelques frissons mine de rien. C’était le vrai méchant du film.

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J’ai (enfin) vu Adieu Au Language, 71e film de Godard (2014).

Adieu au langage est un récit expérimental qui raconte deux versions parallèles d’un couple ayant une liaison. Ces deux histoires s’intitulent 1. La nature et 2. La métaphore , et se concentrent respectivement sur les couples Josette et Gédéon et Ivitch et Marcus, ainsi que sur un chien.

C’est très particulier, bordélique, prétentieux, nanardesque et horny. L’impression d’avoir vu un film de vacances de Mamoru Oshii, inspiré par Le Doutage des Inconnus et retravaillé par Chris Marker. Je ne sais pas ce que j’en garderai mais ça m’a autant fait rire de stupéfaction (façon collégien teubé devant une pièce de théâtre surjouée) qu’ému (à de rares moments). Un film bi-goût qui prévient dès son titre.

En Suisse romande, où le film a été tourné, le mot « adieu » peut signifier à la fois « au revoir » et « bonjour ».

Un OVNI qui a la politesse de faire court (70min) tant le visionnage peut s’avérer éprouvant en 3D, notamment à cause des mouvement de camescope brutaux. La stéroscopie oscille entre le très low-res (cf. les scènes peu éclairées de La Grotte des Rêves Perdus de W.Herzog, avec du Z-fighting qui flingue les yeux) et le sublime (tourné sans doute avec une caméra professionnelle).

Cette scène, par exemple, magnifique de simplicité où le grillage quadrille parfaitement l’avant plan (comme dans l’intro du parfait remaster 3D de Terminator 2, au passage).

Un truc intéressant tenté à deux reprises par Jean-Luc avec son nouveau jouet 3D : la diffusion de frames différentes pour chaque œil au début d’une scène, pour ensuite faire converger l’image au climax. Très surprenant, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas dit devant un film « c’est la première fois que je vois/ressens ça ».


@sopinambour Est-ce que tu te souviens du titre du film japonais qui suit un groupe à la recherche d’extra-terrestres ? Je me souviens d’avoir posté le trailer ici il y a quelques années et de ton compte-rendu mais impossible de retrouver.


Rien à voir mais j’apprends que la version internationale du « Poulet au vinaigre » (1985) de Chabrol s’intitule « Cop au vin ». Kudos.

Yes, il s’agit du film chinois (et non japonais) 宇宙探索编辑部 (L’équipe rédactionnelle de L’exploration du cosmos), étrangement sorti chez nous sous le titre très con Journey To The West, même si les références ne manquent pas.

Mon compte-rendu, dont j’avais oublié jusqu’à l’existence, se trouve ici. J’avais oublié que tu m’avais opportunément appris sa diffusion à Lyon en marge d’un festival de mockumentaries, "On vous ment”, et t’es vraiment le dieu de la passe d’, puisque tu me permets de réaliser que ce même festival revient cette année, et la programmation a l’air toujours aussi chouette.

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Tu cartoon, pour le film et le rappel du festival. Merci !
(Je pense y passer aussi si je peux, on synchro nos montres au plus vite)

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Le fameux film fini puis mis aux oubliettes par Zaslav pour faire du passe-passe avec l’IRS puis finalement sauvé par la pression des créatifs pour être vendu à un autre distributeur à prix d’or juste avant la vente de WB à Paramount (pfiouuuuuuu) va enfin sortir !
Le pitch est bien, j’espère que le film sera bien lui aussi parce que ce serait vraiment tragicomique si au final le film a failli être brûlé parce qu’il s’avère nul…

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Première bande-annonce pour le RESIDENT EVIL de Zach Cregger (Barbarians, Weapons). Chui chaud, j’y crois. Ça sort en septembre dans la plupart des pays.

Bonne année pour Sony Pictures d’une manière générale avec un nouveau Spider-Man, un nouveau Jumanji, un nouvel Evil Dead et The Social Reckoning, la suite de The Social Network.

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J’ai regardé la saison 6 de LOL qui rie sort pour que vous n’ayez pas à le faire, et une fois de plus, c’était super poussif, malgré un casting plutôt intéressant.

La version Française est maudite, la sauce ne prend pas, très souvent à cause du montage, les retours plateau sont trop fréquents, cassent le rythme et ne servent à rien. Lachaux a le charisme d’un endive, ce qui n’aide pas à vendre le truc.

Alors qu’à l’opposé, la version anglaise est géniale ! Et c’est ça que j’aime avec l’adaptation de ce concept, on voit tout de suite la surcouche culturelle qui fonctionne. Là forcément, c’est des anglais, avec des dégaines d’anglais et l’humour qui va avec, ça fonctionne tout de suite, le montage n’est pas forcé, et le taux de bonnes blagues est beaucoup plus élevé. Même sans connaitre le casting ! Et c’est là où le concept est vraiment fort : peut importe qui tu es, l’humour peut transcender les frontières. On n’a pas non plus l’affect positif ou négatif des humoristes qui peut biaiser la version FR.

Derrière j’ai revu le concept original Japonais, j’avais oublié à quel point c’était hardcore en comparaison avec le reste du monde, ça reste ma version préférée, malheureusement elle sort de la tête d’un mec qui s’est fait cancel, à raison.

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En parlant d’adaptations d’émissions comiques étrangères au Royaume-Uni, sachez qu’il existe depuis quelques semaines un Saturday Night Live UK.

Je comprends pas comment ça marche, pourquoi ils ont besoin de la licence SNL ? Ça existait pas en Angleterre, les troupes qui font des sketches avec un public ?

C’est une combinaison de multiples facteurs : Comcast (qui possède NBC qui possède SNL) a racheté Sky en 2018 et voulait harmoniser ses licences entre les deux bouquets, SNL était déjà relativement connu en diffusion différée à la télévision anglaise, et Lorne Michaels (le créateur et showrunner de SNL) était enfin partant depuis quelques années.

Et puis, ça donne deux fois plus de SNL aux Américains.

Grosse perte pour le monde de l’illustration et plus particulièrement du cinéma avec le décès prématuré de Tony Stella, artiste à qui on doit la moitié des pochettes de DVD et Blu-ray de films de patrimoine sortis en France et ailleurs dans le monde ces 5 dernières années.

Une bonne rétrospective des premiers pas de Disney dans le monde des vfx. Au passage, bon annif pour Forbidden Planet qui va allégrement sur ses 70 ans sans prendre une ride.

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