[Sciences] Philosophie naturelle et phénomènes idiomatiques, une étude hypertextuelle. Boulette et al. 2021-

Voilà, VOILA !!! C’est de cette qualité là dont on a besoin, c’est propre, ultra sobre, argumenté, sourcé, sérieux, cette chaine fait décidément un travail remarquable, et on commence tout doucement à sortir des ronces dans l’approche, mais aussi la réception.

Space Invaders, Taito, 1978

Dig Dug, Namco, 1982

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Avec un peu d’esprit critique pour équilibrer

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Super intéressant

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Chouette vidéo sur l’évolution des connaissances sur Jupiter.

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Dense mais très intéressant (d’autant plus si on a lu Asimov).

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Ce papier nuancé du Pavé Numérique à propos de l’IAGen en date du 10 décembre 2025…

Plop

Édito

Par Ambroise Garel

Il y a quelques jours, je suis accidentellement devenu l’un des personnages principaux du BlueSky français. En cause, un post dans lequel j’avais connecté une IA génératrice à un fil de discussion WhatsApp pour générer une chanson absurde, assortie du message (volontairement grotesque) « usage éthique de l’IA ». Sans surprise, la moitié du réseau m’est tombé dessus, ce à quoi je m’attendais un peu. Je m’attendais moins, en revanche, à la nature des remarques.

Passons sur les insultes et concentrons-nous sur les messages, plus intéressants, qui m’expliquaient que l’IAgen est une technologie fasciste dont le moindre usage détruit la planète et que, pour ces raisons, il convient de ne jamais l’utiliser. Point de vue qui appelle de nombreuses questions : même si l’on recourt à un modèle open source ? qui tourne en local ? entraîné en respectant le droit d’auteur ? Car si utiliser une IA génératrice locale quasi dépourvue d’externalités négatives mérite l’ostracisme, c’est qu’on est sorti d’une critique matérialiste des effets délétères de l’IA pour entrer dans autre chose.

Entendons-nous bien : il y a une infinité de reproches à adresser à l’IA (voir à ce sujet les cent derniers éditos de cette newsletter et la chronique de Corentin Béchade dans ce numéro). La question est de savoir pourquoi on constate une telle absence de nuance à son sujet. C’est d’autant plus mystérieux que, de façon générale, le numérique a toujours bénéficié d’une clémence étonnante sur les réseaux : sous chaque article traitant de la pollution qu’il génère, c’est presque une tradition, se trouvent douze commentaires expliquant que ça va hein, on peut bien binger Netflix en 4K douze heures par jour et changer de PC tous les ans, les vrais méchants c’est les SUV.

Alors, pourquoi ?

Bien sûr parce que l’ascension de l’IAgen et celle des mouvements néofascistes sont étroitement liées — chronologiquement, esthétiquement, financièrement. À tel point que son usage, comme dans le camp d’en face celui du point médian, est devenu un marqueur d’appartenance dans la Grande Guerre Culturelle. Utiliser l’IAgen, qu’importe comment et pourquoi, c’est se désigner comme ennemi.

Certainement parce que le prolétariat intellectuel (artistes, créateurs, journalistes…), déjà salement précarisé, crève de trouille et que, comme tout groupe qui se sent menacé, celui-ci serre les rangs. Utiliser l’IAgen, qu’on le fasse ou non en remplacement d’un travailleur humain, c’est utiliser l’outil qui le menace d’obsolescence.

Peut-être aussi parce que la critique de l’IAgen présente un énorme avantage par rapport à celle des autres technologies prédatrices : il est très facile de ne pas y avoir recours, en tout cas directement. On se sent tous merdeux de posséder un smartphone fabriqué par des enfants, d’enrichir Bezos en regardant Twitch ou de binger des vidéos (à tel point qu’on préfère en nier l’impact, voir plus haut) ? Oui mais attention, on n’utilise pas ChatGPT. Ne pas utiliser les LLM, c’est comme ne pas commander ses livres sur Amazon ou ne pas regarder Hanouna : une bonne chose, sans doute, mais aussi une marque de distinction qui ne nécessite qu’un sacrifice personnel très faible.

Toujours est-il qu’il est devenu difficile de défendre un point de vue modéré au sujet de l’IA. Les techno-critiques, presque aussi millénaristes que les techbros, oscillent entre imprécations à la moindre mention de cette technologie, fierté mal placée dans le fait de refuser d’y toucher ou de s’intéresser à ses usages possibles et déni du fait qu’elle est là pour longtemps. Tandis que la religion de la tech délire sur la Singularité, celle de l’anti-tech attend le Grand Krach qui chassera les méchants du Paradis terrestre (au point de rendre viral n’importe quel fake grossier qui va dans son sens, ce que les producteurs de ragebait ont bien compris).

Oui, le krach aura lieu. Il ne fait aucun doute que la course absurde dans laquelle les géants de la tech se sont lancés, prêts à tout pour nous forcer à utiliser l’IA en permanence pour tout et n’importe quoi dans l’espoir de maintenir la bulle à flots, va très mal finir. Mais on l’a dit, penser que le krach emportera l’IA avec lui est à peu près aussi absurde que de penser que la lettre manuscrite allait à nouveau détrôner l’e-mail après l’explosion de la bulle dotcom, d’autant que des alternatives aux LLM géants commencent à arriver. Pour avoir récemment parlé à des ingénieurs, un chercheur et un avocat qui l’utilisent plutôt intelligemment, je suis certain d’une chose : l’IA, y compris générative, est destinée à faire partie de nos vies.

Aussi, plutôt que nous répéter que « ce n’est qu’une anomalie temporaire, il suffit d’attendre » ou de penser qu’il « n’y a qu’à bully les gens qui l’utilisent » (stratégies proposées cette semaine, la deuxième étant particulièrement efficace puisqu’elle a pour seule conséquence de pousser les gens à utiliser l’IA en cachette), peut-être ferions-nous mieux de nous demander comment faire en sorte que l’IA soit à notre service et non pas nous au sien.

…me fait découvrir le paradigme des TRM (Tiny Recursive Models) théorisé il y a quelques mois par la montréalaise Alexia Jolicoeur-Martineau, qui bosse actuellement chez Samsung — dont la capitalisation boursière a d’ailleurs pris +10% à la publication de l’article scientifique.

Pour grandement simplifier, il s’agit de faire mieux (en raisonnement et vitesse) avec moins (d’énergie). Les TRM ciblent les tâches, bossent en local/offline sur des ordis modestes (ex: un téléphone Samsung) et réduisent les errances liées au fonctionnement même des LLM (où une erreur en début de raisonnement ne sera pas fixée, quand les TRM corrigent le tir récursivement).

Cet entretien avec l’intéressée explique cette architecture bien mieux que moi :

Ça parait très bien sur le papier, en tout cas moins pire.

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Etat des lieux de l’utilisation des lasers sur les théatres d’opérations.

Où l’on apprend que ça a été déployé… et utilisé (avec succès) pendant les JO.

Pour info:

Mardi 10 février 18h-20h (heure de Tokyo = 10h-12h en France)

Faire l’histoire des salles d’arcade au Japon : machines de jeu, espaces et usages

Cette conférence-débat sera consacrée à l’histoire et à l’étude des salles d’arcade japonaises, à travers les regards croisés de deux chercheurs ayant travaillé sur ces lieux et sur les jeux qu’ils accueillent. Points d’intersection des cultures populaire, médiatique, ludique et urbaine, les salles d’arcade occupent une place singulière dans l’imaginaire collectif, comme l’un des espaces emblématiques de la ville japonaise contemporaine. Pourtant, la connaissance de ces lieux reste souvent conditionnée par des images stéréotypées, alimentant l’idée d’un « âge d’or » révolu de l’arcade et d’un déclin inéluctable.

Cette séance se propose de dépasser ces représentations en offrant un tour d’horizon de l’évolution historique de ces espaces, mais aussi des méthodes permettant de faire de l’arcade un objet de recherche à part entière.

Romain Lebailly, chercheur invité à The Japan Foundation et chercheur associé à l’Institut français de recherche sur le Japon, a consacré ses travaux de thèse à Sega, entreprise japonaise qui fait partie des acteurs majeurs du marché de l’arcade à la fin du XXe siècle. Il proposera de retracer l’évolution de la place du jeu vidéo dans les salles d’arcade, en mêlant dynamiques industrielles et analyse des jeux et des pratiques.

Benoît Bottos, chercheur en sciences de l’information et de la communication et professeur invité à l’université Keiō, a effectué ses recherches de doctorat sur les crane games (machines à pinces) japonais. Il nous proposera une analyse historico-médiatique des salles d’arcade japonaises à travers le prisme de ces machines aujourd’hui devenues hégémoniques.

En français avec traduction consécutive en japonais.

Infos et inscriptions Zoom ou présentiel

N’hésitez pas à partager l’info à toute personne potentiellement intéressée.

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Tu sais si ça sera enregistré ?

Probablement oui, avec un accès sur demande ensuite. N’hésite pas à me relancer.

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Je vais m’inscrire mais serait au boulot, donc j’espère pouvoir rattraper le live plus tard.

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A l’aune de l’effondrement boursier des ESN cette semaine, voici une analyse du coup joué par Anthropic avec Cowork et du changement paradigmatique à opérer fissa dans les boites. Brillant.

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Plongée passionnante dans l’univers des xénobots.

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Le jeu de la vue :man_with_white_cane:

Salut, c’est Jean-Michel Relance.
Comme Ono, je m’étais inscrit mais les horaires ne collaient pas du tout avec ma journée de taf.

Sauf erreur, je n’ai pas encore reçu de mail m’indiquant que la captation était dispo. Si jamais tu en sais plus, je suis preneur ! Merci !

+1!

J’avais un entretien avec un client pile poil au même moment.

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