[Sports] Le FC Boulette reforme sa superteam

En parlant de baseball, c’est le Kōshien (enfin plus exactement les qualifs régionales pour le Kōshien) depuis cette semaine.

On a perdu le légendaire Bill Russell, un type « plus grand que le basket-ball » comme le formulait joliment L’Équipe, dimanche dernier. Essentiel pour le développement de la NBA mais aussi certains combats civiques américains. Il vivait peinard sur une île aux alentours de Seattle depuis un petit bout de temps. Probablement intouchable avec ses onze titres de champion NBA alors qu’il n’a joué que treize ans dans la ligue.

Puisqu’on a de nouveaux adeptes du baseball dans le périmètre, trois bons articles à différents degrés croissants d’implication nécessaire.

D’abord, section architecture et urbanisme, comment Camden Yards, le stade des Baltimore Orioles ouvert en 1992, a transformé la ville et influencé la conception des stades modernes en Amérique-du-Nord.


Ensuite, section nécrologie, la voix légendaire du baseball nord-américain, Vin Scully, s’est éteinte à 94 ans. Vous avez même peut-être entendu son timbre (ou des imitations) dans divers films et séries US mais, en gros, imaginez Thierry Roland + Léon Zitrone + Jacques Vendroux + Omar da Fonseca rolled into one : Scully a commenté des matches des Dodgers sans interruption pendant 67 ans (1950-2016).


Enfin, énorme transfert en MLB pendant la trêve de mi-saison – un peu l’équivalent du départ de Mbappé au Real Madrid cet été ah non c’est vrai…

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Wikipedia :

Tomokazu Harimoto, en japonais 張本 智和, Harimoto Tomokazu, né le 27 juin 20031 à Sendai, est un joueur de tennis de table japonais, d’origine chinoise considéré dans le milieu du tennis de table comme un prodige, en tant que Monstre (怪物)2. Il a en effet un niveau à son âge que peu, jusqu’à présent, d’autres joueurs plus âgés ont atteint.

enters Alexis Lebrun :

3-0 contre le « monstre » Harimoto, réduit au rôle de sparring partner, dans une démonstration à sens unique, roulant sur le pauvre Japonais avec sa tonicité extraordinaire, son rythme de locomotive, son coup droit dévastateur, et en même temps sa vaste palette de coups… C’est la plus grande perf’ de sa jeune carrière, trois semaines après avoir battu le n°9 mondial, l’Allemand Dimitrij Ovtcharov, et n’avoir cédé dans le WTT Star (équivalent d’un ATP 500 en tennis) de Budapest que face au n°3 mondial, le Chinois Liang Jingkun.

Si la vidéo des échanges vous paraît trop rapide - classic table tennis shit - ici une très bonne vidéo d’analyse avec moult arrêts sur image et commentaires pédagogiques pour comprendre les subtilités.

Ce samedi, Alexis Lebrun aura l’occasion de remporter son premier WTT Contender (à peu près l’équivalent d’un ATP 250 en échelon, mais en plus rare et plus relevé en terme de plateau). Face à lui, l’actuel n°6 mondial, le Brésilien Hugo Calderano, réputé pour son jeu offensif, son excellent revers à la table et ses services lancés très haut et très difficiles à lire. Quelque soit le résultat, c’est super prometteur à une semaine du début des championnats d’Europe à Munich.

Chouette papier. Juste,

George Will, who was once considered a candidate for MLB commissioner, declared in 2014 that Camden’s construction ranked among “the three most important things that have happened in baseball since the Second World War,” right up beside “Jackie Robinson taking the field in Brooklyn in 1947” and “free agency arriving in 1975.”

Ok, Jackie Robinson, j’ai la ref, par contre le free agency de 1975, point du tout. Si je comprends bien c’est un changement dans le droit du travail du base-ball US qui permettait aux joueurs de changer de club, et toutes choses égales par ailleurs, a un peu eu l’effet de l’arrêt Bosman dans le foot européen, right ?

Sinon sur le thème de l’emplacement des stades par rapport à la ville :

Ça me fait penser que je vois peu d’exemples de stades de foot français qui soient vraiment proches du centre-ville ou a minima des quartiers populaires historiques (je ne connais pas non plus leur emplacement pour tous). C’était à peu près le cas pour Gerland, à la faveur du réaménagement résidentiel du sud de Lyon. À Paris on ne peut décemment pas dire que le Parc des Princes soit dans un quartier populaire, même si techniquement parlant il est intra-muros. Mais j’ai l’impression que le stade de Charléty par exemple répond davantage au cahier des charges d’un stade proche de zones habitées populaires (expliquant d’ailleurs probablement la relative popularité du Paris FC malgré son palmarès très secondaire).

Paris, c’est un peu à part car on a le côté frontières de 1860 qui fait que la ville intra-muros est minuscule. À Londres, par exemple, à peu près tous les grands stades londoniens historiques étaient dans la ville (Stamford Bridge, White Hart Lane, Highbury) – d’où la récente « nécessité » de déménager pour profiter d’infrastructures plus grandes et plus profitables, mais qui sont du coup plus isolées ( Tottenham Stadium, Emirates Stadium etc.).

Perso mon exemple typique d’un stade français intégré à la ville était le regretté Parc Lescure des Girondins de Bordeaux, qu’ils ont quitté en 2015. Je crois que le rugby l’a récupéré.

image

Voilà, grosso modo. Par contre, c’est beaucoup moins controversé que l’arrêt Bosman car franchement la situation pré-Free Agency était ubuesque : les joueurs n’avaient en théorie aucun contrôle sur leur carrières ni leur salaires. Voici une bonne vidéo qui résume le topo.

Du coup, je trouve la comparaison du type cité par l’article, mettant sur un même niveau la construction d’un stade et deux étapes significatives pour les droits civiques et le droit du travail des athlètes, un tout petit peu fort de café, mais bon.

Bon, eh bien Alexis Lebrun s’est fait rouler dessus, 4 sets à 1. Ses services n’ont jamais dérangé Calderano, intraitable dans l’échange et létal en revers, tandis que Lebrun a fait un nombre incalculable de fautes directes, au point de perdre ses nerfs (il s’est d’ailleurs pris un carton jaune pour gestes d’énervement). Frustrant. Seule microconsulation il aura été le seul à prendre un set à Calderano sur le tournoi, privant le Brésilien d’un record historique.

Fichtre, ça c’est du maillot graphique

On fête cet été les 20 ans de la version Gamecube de Beach Spikers. (Regard pensif)

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Vu Moneyball, dont je trouve le titre français Le stratège particulièrement mal trouvé et trompeur. J’en parle ici parce qu’on va pas se mentir, je vois pas qui ça peut intéresser ailleurs. Du reste j’ai pas grand chose à en dire d’un point de vue cinématographique, ça m’intéressait surtout pour le côté « histoire du base-ball », et… c’est à la fois super intéressant et tellement romanesque qu’il est difficile de savoir ce qui est legit et ce qui ne l’est pas. En tout cas j’ai adoré ce biopic de Luis Campos Billy Beam Billy Beane.

J’ai de nombreux points d’interrogation quand même, notamment sur la partie transferts : on peut vraiment revendre un joueur comme ça, d’un coup de fil à un pote general manager, sans même qu’il soit au courant, ou c’est accentué pour les besoins de la fiction ?

Sinon j’avais compris que les Red Sox avaient une place à part dans l’histoire américaine du base-ball, entre leur longévité exceptionnelle, leur stade emblématique, leur malédiction de plusieurs décennies et leurs fans particulièrement expansifs (je me demandais ce que serait l’équivalent dans le foot français : Le Havre pour l’ancienneté ? Sainté pour le palmarès vintage et la place à part dans le paysage ? L’OM pour le budget et les fans chauds bouillants, même quand il n’y a jamais de victoire ?).

La chute du film, quand Billy Beane hésite à les rejoindre « cause you’re the red sox » me donne en tout cas l’impression d’une équipe par ailleurs reconnue et plus consensuelle que je ne l’aurais cru (sauf a priori pour les fans des Yankees, bien sûr).

J’ai par ailleurs plein de questions ultra noobs de type « mais ça existe des combinaisons collectives au base-ball ? » que j’ose à peine poser. Enfin, je vois bien que oui mais je comprends absolument pas pourquoi ils font ça au lieu d’envoyer la balle direct à la première base.

J’en suis vraiment encore au stade du type qui croirait que le cyclisme est un sport individuel, j’éprouve une sorte de vertige en contre-plongée, j’ai bien conscience que j’oblige les spécialistes à se pencher très fort.

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Le film romance évidemment pas mal les choses (c’est écrit par Sorkin donc « bon ») et d’ailleurs, je crois me souvenir que Billy Beane ne l’aime pas trop, mais je te conseille par contre vivement le bouquin dont il est tiré, qui revient beaucoup plus factuellement sur son approche révolutionnaire d’utiliser de meilleures stats et de la data pour composer des équipes plus performantes.

Il y a des trucs qui te paraîtront évidents aujourd’hui mais il faut remettre en contexte que le livre (2003) a considérablement changé la face du sport en faisant prendre conscience à tout le monde (dans tous les sports) de l’importance des metrics, et il retranscrit bien la façon de penser le baseball à l’époque. « J’étais là » quand les SABRmetrics sont arrivés dans la critique sportive sur ESPN & co et c’est peu dire que le sujet est resté polarisant Outre-Atlantique jusqu’au début de la décennie 2010.

D’ailleurs, si tu veux un bon exemple d’un excellent joueur qui s’est gravement fait entuber par la manière orthodoxe de voir le baseball avant la révolution Moneyball / SABRmetrics des stats « modernes », je te conseille aussi ce reportage en quatre parties de Secret Base consacré au pittoresque Dave Stieb.

Oui les metrics ça paraît un peu difficile d’imaginer le sport sans aujourd’hui (assez curieux d’ailleurs de savoir s’il y aura - ou s’il y a eu sans que je le remarque -) un mouvement contre-révolutionnaire en mode « yolo, vive le romantisme, maintenant on prend nos joueurs en fonction de leur signe astrologique, des couleurs de leurs lacets ou parce qu’ils étaient ensemble au club d’échec au collège ».

Je connaissais pas cette chaîne et ça va pas être facile de caser 4 fois 40 minutes, mais par contre je viens de m’enfiler cette vidéo de chez eux et ça va me faire ma journée, quelle histoire incroyable(ment débile) !

« yolo, vive le romantisme, maintenant on prend nos joueurs en fonction de leur signe astrologique, des couleurs de leurs lacets ou parce qu’ils étaient ensemble au club d’échec au collège ».

Ce n’est pas le leitmotiv de la cellule recrutement du PSG? :grimacing:

Je ne sais pas s’il est nécessaire de réagir à cette question trollesque mais pour le peu qu’on a vu depuis la rentrée, à la fois en termes de nombre de matchs et de nombre de recrues alignées, c’est quand même un sans faute pour le PSG cette année (je suis déjà amoureux de Vitinha et de son intelligence de jeu).

Puisqu’on parle de L1, billet court mais fort intéressant :

Je n’ose à peine imaginer les conséquences. En tout cas pas de politique mais entre l’arrêt complet du championnat au printemps 2020 pour donner l’exemple sur le volet sanitaire et l’idée de faire sauter les matchs en soirée pour donner l’exemple sur le plan environnemental, les historiens du sport se régaleront à traiter du sport professionnel sous Macron.

Sur le fond, j’avoue que le problème paraît insoluble, entre des matchs en soirée pas tip top bibifoc et des matchs à midi sous 40°. Des multiplex à 17h seraient un bon compromis mais économiquement peu intéressants pour la LFP. Si ça se trouve on va bientôt se retrouver avec des classico OM-PSG au petit dej le lundi.

Rigolo.