[Sports] Le FC Boulette reforme sa superteam

Lorsque ce topic vit le jour la première fois en mai 2006, Zinédine Zidane n’avait pas encore démonté le plexus solaire de Marco Materazzi et les poumons fatigués de Thierry Gilardi ne l’avaient pas empêché d’hurler devant 20 millions de téléspectateurs : « non, Zinédine, pas ça, pas toi, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ! ».

Au fil du temps, ce sujet fut surtout une occasion unique de suivre au plus près les dernières actualités du Gamba Osaka dans un forum, soyons sérieux, davantage focalisé sur la limpidité du game design d’Unlimited Saga ou sur la découverte impromptue d’une nouvelle marque de céréales avec un gros loup au nez violet sur la boite.

Ces dernières années, une question brûlait les lèvres d’Iggy : doit-on incorporer l’e-sport à ce topic ? Roxana Maracineanu n’ayant pas d’avis, le statu quo a été maintenu.

Moi créateur originel de ce topic, je pose donc la question aux meneurs de jeu de l’équipe : est-il temps de faire bouger les lignes ? Cet incendie malheureux doit-il nous pousser à nous réorganiser en 4-4-2 losange à l’avenir ?

Je n’ai absolument rien contre l’idée que l’on poste de l’e-sport, tant que cela n’empiète pas sur les choses sérieuses : le volley-ball mixte humain-canin.

Coup de tonnerre dans le monde du cyclisme : de plus en plus d’indices supportent l’hypothèse que la team Sky, six succès sur le Tour de France en sept éditions, ne nourrissait pas forcément ses athlètes qu’à l’eau plate.

Les bras vous en tombent, je sais, je sais.

Et histoire de s’égayer avant un probable énième resemiconfinement, un peu de bossaball, croisement complètement absurde et génial de volley-ball, tennis-ballon et trampoline. Envie de tout plaquer pour aller faire boing boing avec mon plus beau maillot de la Nankatsu.

C’était so fucking obvious que ma question est plutôt – comme à chaque fois qu’un scandale de dopage sur le cyclisme sort – pourquoi maintenant ? C’est à cause du Brexit ?

Sinon, est-ce que les fans de cyclisme vivent le dopage comme la scénarisation du catch professionnel ? Genre en fait tout le monde sait que tout le monde sait et il y a une espèce de kayfabe générale qu’on ne brise moratoirement que cinq ans après ?

Pas trop de rapport avec le Brexit à ma connaissance, plutôt le même cycle que l’US Postal :

  1. Tous les observateurs assistent médusés à la supériorité écrasante d’une armée de Terminator dont il faut applaudir le « professionnalisme » et la chasse aux « gains marginaux ». En se mordant très fort les lèvres parce que personne n’y croit mais qu’on ne peut pas tomber dans la diffamation avec pour seul élément que c’est bizarre, là, quand même, votre pistard taillé pour faire de la vitesse avec ses cuissots de bovin d’un seul coup il plane comme un fékir en montagne et met une minute à tous les spécialistes (un peu comme si un Pokémon type feu buttait tout le monde dans un donjon Eau, ce genre de bug).
  2. Puis un contrôle antidopage ne se passe pas comme prévu - cas rarissime, il est positif, cas plus fréquent, oh zut notre champion a oublié de se lever, ou son urine ne correspond pas à la sienne, ou y a un truc pas illégal mais chelou dedans, qu’on va expliquer par le fait qu’en fait il est athmatique - comme de bien entendu, qui n’est pas cycliste de haut niveau et athsmatique - ou accro à la viande de Kobe - ou a accidentellement sniffé de la coke en croyant que c’était du sucre glace, l’erreur bête. L’excuse grosse comme une maison passe, parce que c’est le numéro 1 mondial, le maillot jaune de la plus grosse course de l’année, et qu’à l’UCI on est contre le dopage à condition que ça ne fasse pas trop de mal aux droits TV ni à l’image du sport, donc c’est ok d’aller à la vitesse de motos, on vous couvre, soyez juste discrets les gars.
  3. Et puis les années passent, les carrières s’arrêtent, un ancien de l’équipe un peu vénère pour une raison x ou y, ou juste qui a un peu de mal à dormir la conscience tranquille, décide de s’ouvrir dans les médias des coulisses pas tip-top de son ancienne équipe. Et/ou un ex-toubib avec lequel on s’empressera de nier tout lien se fait gauler à la douane avec une mallette de viande de Kobe en seringue - et l’enquête met du temps à avancer, parce que le temps du judiciaire, tout ça.

Et comme ça peu à peu les preuves matérielles et orales de ce qui était évident commencent à tomber, mais à chaque fois, structurellement trop tard pour interrompre la mascarade en direct. En vrai ce n’est pas siiii différent des affaires de dopage dans le foot, sauf qu’il y a encore moins d’intérêt à les étouffer, même si personne n’est dupe.

De mémoire, le dernier à s’être fait griller en plein tour, c’était Riccardo Ricco, positif à l’EPO en 2008 (!), du reste multirécidiviste (et pas dénué d’humour : à côté de ça, il est antivax). Sa principale erreur est semble-t-il de s’être dopé dans son coin, en plus avec un produit bien connu depuis dix ans, c’était turbo déb’ de sa part, il s’est d’ailleurs fait virer de son équipe, alors que le dopage organisé d’équipe, c’est souvent bien plus difficile à établir.

Je comprends que pour quelqu’un qui n’aime pas de base le cyclisme ça rende le sport encore moins intéressant, alors qu’on pourrait dire que c’est juste le seul qui intègre aussi ouvertement la triche à sa méta. Franchement, dans quel autre sport il existe des classements officieux de la triche ? Ca donne du reste lieu à des débats assez rigolos-déprimants, du type : qui est le dernier vainqueur clean du tour de France ? Il est généralement admis que le dernier à être à peu près au-dessus de tout soupçon, c’est l’Australien Cadel Evans en 2011. Ca tient à un faisceau d’éléments : il n’a jamais été associé de près ou de loin à une affaire (zéro contrôle suspect, jamais été dans les équipes prises la main dans la poche de sang) ; à sa carrière d’éternel Poulidor de gens dopés et/ou très louches et/ou franchement trop insolents de facilité (Contador, Schleck) ; et enfin à son style assez caractéristique, vautré, besogneux, boule de souffrance et de pugnacité sur sa selle, il ne lui manquait que la suie sur les joues, il y avait du Emile Zola dans ce coureur, tu ne pouvais que souffrir avec lui et vouloir le meilleur pour lui tout en sachant qu’il appartenait aux damnés.

Genre cette « journée sans » (en français dans le texte) : pas un des mecs qui l’ont décroché ce jour là n’ont échappé à un contrôle positif ou une suspicion de dopage.

Cadel Evans c’était vraiment la grenouille dans le bocal. D’ailleurs l’unique Tour qu’il a remporté, en 2011, c’est à la fois celui où toutes les têtes d’affiche ou presque étaient absente et l’un de ceux où la vitesse moyenne était la moins élevée depuis le début du siècle. C’est malheureusement un indicateur très limité, vu que le parcours change chaque année, et qu’il suffit d’une édition très montagneuse pour faire baisser cette moyenne (cas des éditions 2015 et 2016 notamment).

Bref, tout ça pour dire que personne n’est dupe, toute personne qui roule plus vite que Cadel Evans est par nature suspecte, mais il faut souvent attendre la fin de cycle d’une équipe pour que les langues se délient. L’an dernier, le Tour a été survolé par deux Slovènes, pays historiquement sorti de nulle part en matière de cyclisme, avec notamment un retournement de situation hallucinant à la dernière étape : la victoire avec plus d’une minute et demi d’avance de Tadej Pogačar, pur grimpeur franchement superbe à voir courir, jeune, très offensif, un côté balek de la stratégie d’équipe et de la course de position, un côté cyclisme romantique insouciant à l’ancienne, de quand y avait pas les oreillettes. Problème : ce n’est pas en montagne, mais dans un contre-la-montre que lui et ses 48 kg tout mouillés ont mis la misère à Primoz Roglic et Tom Dumoulin, deux spécialistes super vnr de l’exercice, qui n’ont toujours pas trouvé d’explication rationnelle.

A noter également une surcouche assez rigolote : dans le monde du cyclisme, la propension d’une équipe à tricher est en partie spoilée par son nom - qui est celui de son principal sponsor. Par exemple, les US Postals, qu’est-ce qu’ils allaient vite ! Et je crois que ça n’a jamais posé problème aux postes américaines qu’on les associe à une vitesse suspecte - c’est le contraire qui aurait été embêtant. Par contre quand tu t’appelles FDJ - Française des jeux - en termes d’image il vaut mieux pas se retrouver pris à magouiller (ce qui n’empêche évidemment pas les brebis galeuses de brebigaler). Mais c’est plus rare.

Mais de toute façon, suivre le cyclisme pour voir un vainqueur propre, c’est complètement absurde - c’est comme acheter une Switch pour jouer au prochain GTA, désolé mais c’est pas la Switch le problème, c’est juste l’acquéreur qui n’a rien compris à l’intérêt de la machine. Le cyclisme, c’est fait pour voir chaque année les Français perdre avec panache, même comme quand, il y a deux ans, le meilleur était objectivement français. Et tout comme Thibault Pinot lui-même, le cyclisme ne déçoit jamais.

Bref, vive le cyclisme.

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Welp.

Je note qu’on n’a pas recréé de topic [arts martiaux], et c’est bien dommage, j’aurais pu y poster cet impressionnant K.O. lors d’un match de muay thaï.

Je crois que je n’avais plus vu d’attentat aussi maboule depuis 2003, et c’était dans un jeu vidéo.

On me fait découvrir ce très chouette clip publicitaire de 2012. Qui aurait franchement pu servir de vidéo épinglée dans le topic géopo.

Pour les fans de NBA du forum, un bel hommage en podcast à la carrière et la vie difficile d’Elgin Baylor, grande star oubliée du basketball US disparue lundi, suivi d’une discussion sur Giannis Antetokounmpo avec l’autrice d’un bouquin sur le jeune prodige grec.

Je ne sais pas si c’est l’anniversaire de Victory Goal ’96 ou Ghost of Tsushima qui ont motivé le Japon mais ils en ont mis quatorze à cette pauvre équipe nationale de Mongolie dans une de ces habituelles phases de qualif’ fantoches de la zone Asie, cette fois pour la Coupe du Monde 2022.

https://youtu.be/bve0pcPhuuc

Quatorze, soit une moyenne d’un but toutes les six minutes. Le pire étant que le gardien mongol a réalisé un grand match… Trente-quatre tirs nippons dont vingt-cinq cadrés. Neuf buteurs différents (dont un Mongol contre son camp). Un seul triplé. Le Japon a inexplicablement commis plus de fautes (dix) que la Mongolie (quatre) qui aurait peut-être dû mettre la semelle un peu plus méchamment…

Première victoire d’un golfeur japonais dans un tournoi majeur. Effectivement, c’est le bon moment pour sortir un Mario Golf.

Donc, après « Le Covid, c’est la faute à Nintendo », c’est « l’accident de Tiger Woods, c’est la faute à Nintendo » ? Décidément, les ninjas bossent dur.

Pas eu le temps de parler foot cette semaine passée ayaya, pourtant l’actu est maboule entre la Super Ligue, les fins de championnat fofolles presque partout, la France U23 dans le groupe du Japon au tournoi de foot des J.O. (rires), Mbappé qui marche sur l’eau juste avant les demi-finales, etc. Quel dommage…

On m’a fait découvrir ce week-end un chouette podcast francophone sur les footballeurs et entraîneurs francophones expatriés, En dehors de ma surface. C’est animé par le journaliste portugais polyglotte Hugo Sanudo, lui-même un expatrié donc, qui a eu la bonne idée d’aller chercher Corentin Martins devenu sélectionneur de la Mauritanie, Massamba Sambou joueur Congolais formé à l’AS Monaco et devenu champion de Mongolie, Emmelyne Ravier qui s’occupe d’internationaliser l’influence de la FFF…

Je recommande notamment l’épisode avec Florent Dabadie qui explique avoir été embauché par l’Équipe Nationale du Japon comme interprète de Troussier (pour la Coupe du Monde 2002) grâce à sa connaissance des joueurs de J.League parce qu’il branlait rien à l’INALCO et passait son temps à jouer aux jeux de foot japonais. Donc si ça se trouve, des mecs ont été sélectionnés en équipe nationale parce qu’ils avaient un petit smiley qui rebondit près de leurs stats de J.League Perfect Striker cette semaine-là.

Mais aussi plein d’anecdotes sur la JFA, Hidetoshi Nakata, le lobby des agents brésiliens au Japon, pourquoi Vahid a été viré, et une anecdote rigolote sur la presque-venue de Djibril Cissé dans le championnat japonais.