Le topic des chiffres, des thunes et de l’industrie

Le divorce de Saber et Embracer est consommé. Matthew Karch a trouvé et/ou dépensé $247 millions pour racheter son propre studio. On sait aussi désormais quels autres studios placés précédemment par Embracer sous la tutelle de Saber quittent le navire avec maman.

■ Saber Interactive emmène :

Saber Interactive
3D Realms
DIGIC
Fractured Byte
Mad Head Games
New World Interactive
Nimble Giant Entertainment
Sandbox Strategies
Slipgate Ironworks

■ Embracer conserve :

34BigThings
4A Games
Aspyr
Beamdog
Demiurge Studios
Shiver
Snapshot Games
Tripwire Interactive
Tuxedo Labs
Zen Studios

Hahaha putain, en voilà, un gyakuten que je n’avais pas vu venir.

Manquerait plus qu’Embracer se dise que c’est une bonne affaire tiens.

EDIT

Je poste ça surtout pour les commentaires qui sont éloquents, avec pas mal de témoignages déprimants au possible.

Je reviens de la GDC : nous ne sommes pas au bout de nos peines et des mauvaises surprises, notamment après le 31 mars.

@nova L’explication importante qui n’est pas vraiment mentionnée dans cette vidéo (si ce n’est un peu à la fin), c’est que l’industrie essaie avant tout de revenir en arrière sur les plafonds de salaires et avantages accordés depuis 2020 pour avoir appâté les meilleurs profils et lancé un max de projets pharaoniques pendant la période de crédit gratos de la bulle COVID.

Les HR trouvent plus facile et efficace à long terme de virer tout le monde et de réembaucher sur une grille salariale moins généreuse, sans se soucier des considérations de suivi de projet ou d’expérience commune. Encore mieux si tu arrives finalement à réembaucher les mêmes personnes.

Dans le cas d’Insomniac, par exemple, je pense que c’est une gigantesque connerie qu’ils et elles paieront cher d’ici deux, trois ans. Mais je comprends mieux ce genre de décision pour un studio comme Velan Studios (Mario Kart Live, Knockout City).

Il semblerait qu’une bonne partie de Torus Games ait heureusement retrouvé du boulot chez les autres studios de Melbourne, ai-je appris à San Francisco.

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Oui, il va y avoir pas mal de moments funestes dans quelques mois (année fiscale), pas mal de boîtes financées dans la période euphorique arrivent au bout de leurs liquidités. Du reste, même des studios pourtant stables procèdent à des ajustements de personnel/projets.

Par ailleurs, je note une remise en question du remote, ce qui parait logique vu que les employeurs sont désormais en position de force pour imposer leurs conditions (après on peut aussi discuter de l’efficacité du remote vs présententiel mais c’est un autre débat). Ca rejoint aussi le point que tu évoqué à propos de la remise à plat salariale, l’occasion faisant le larron.

Un autre gros point noir qui remonte dans pas mal d’interactions que j’ai avec des jeunes dans des écoles de jeu vidéo, c’est l’arrivée sur le marché du travail d’une masse de demandeurs d’emplois.

Je ne reviendrai pas sur les conditions du marché mais je suis atterré par la médiocrité de bon nombre de ces boîtes à fric qui au final n’apprennent pas grand chose de plus que ce qu’on trouve gratuitement. Certes il y a des diplômes à la clé mais je reste sceptique sur leur valeur in fine.

C’est cool, ça a toujours été un des gros plus « down under », l’entente entre tous les studios. Ils savent se serrer les coudes.

{ fig. B }

Suite des divorces d’Embracer, avec l’issue la plus logique pour Gearbox qui passe sous le giron de 2K Games – sauf leur fragile département d’édition de jeux indépendants qui passe logiquement sous la houlette de Private Division.

①Acheter Gearbox $1.3 Milliards en 2021
②Revendre Gearbox $0.46 Milliards en 2024
③???
④Profits

Je me doute que le milliard fanfaronné à l’époque par Embracer incluait, histoire de faire gonfler la valeur de la boîte, des filouteries comptables de bonus potentiels sur les stock-options qu’ils n’ont finalement jamais payées mais, vu de l’extérieur, c’est quand même cocasse.

[edit] Ah, je réalise que c’est payé intégralement avec des actions Take-Two donc je suppose qu’Embracer compte aussi les revendre au plus fort de la hype GTA6 pour se refaire la cerise.

Sega of Europe « redonne son indépendance à » Relic Entertainment, la boîte en charge de la série Company of Heroes. Aucune info sur qui garde l’IP, mais Relic bossait d’avantage pour Microsoft que Sega récemment – on leur doit notamment le dernier Age of Empires. Plusieurs équipes britanniques (chez SOE, Creative Assembly et Hardlight) vont également perdre un total de 240 employés.

Et à peine 24h après, ils viraient déjà du monde.

2.5 millions pour Dragon’s Dogma 2 en deux semaines, même si le soufflé semble assez vite retombé si j’en crois les utilisateurs simultanés de Steam et les critiques sur Amazon.jp.

J’ai pas les problèmes techniques des gens sur PS5, mais c’est clair que le bouche à oreille est pas fameux. Je trouve le truc assez décevant dans le sens où DD1 avait une ambition assez originale à l’époque, c’était un peu tout cassé mais ça essayait des trucs, et là, DD2, au lieu de construire sur DD1, réfléchir à ce qui marchait et ce qui marchait pas, et aussi jouer aux open world sortis ces 10 dernières années et prendre une position par rapport à eux (les suivre ou s’en écarter), choisi juste de… refaire DD1.
C’est plus joli, l’IA des pawns est plus complexe, mais l’absence absolue d’ambition par rapport au 1, plus le fait que c’est même pas fini (il y a moins de monstres/de variété que dans le 1, et moins de vocations que dans le MMO) fait un peu tiep. À voir s’ils font un Dark Arisen qui réussit à redresser la barre, mais je suis vraiment surpris du manque total d’innovation du jeu par rapport au précédent. Le psychodrame sur les microtransations montre même qu’ils ne sont pas au courant que l’opinion du public vis-à-vis de ce genre de choses a changé en 10 ans, ça donne vraiment l’impression d’un jeu fait en autarcie et à volets fermés.

Et donc, là-dessus, les problèmes techniques surtout sur les machines avec un CPU un peu vieux. La seule justification que je vois au projet tel qu’il est sorti est d’entraîner les programmeurs et le moteur pour sortir MH Wilds dans un état moins pourrave.

C’est ce qui m’a beaucoup surpris dans les critiques japonaises : autant les fans occidentaux critiquent d’avantage le manque de nouveautés par rapport à Dragon’s Dogma (enfin disons plutôt Dragon’s Dogma: Dark Arisen vu que c’est la version de loin la plus jouée), autant la majorité des critiques les plus dures au Japon semblent venir des fans de Dragon’s Dogma Online qui jurent que Capcom et Itsuno n’ont rien compris à ce qui faisait de DDO « DDON » un GOTY intersidéral… Euh… Ah bon ?

J’étais passé complètement à côté de cette petite communauté manifestement acharnée : ❶ l’absence de traduction anglaise ou chinoise pour DDON, ❷ la durée de vie relativement courte du jeu (juste sous les cinq ans) pour un Free-to-Play et ❸ l’absence de portage PS5 (nota bene: ❶, ❷ et ❸ sont peut-être liés…) m’avaient fait conclure un peu hâtivement que c’était un relatif échec pour Capcom mais peut-être que DDON a surtout été victime des déboires de Capcom Online Games…

C’est un détail qui n’intéressera pas grand monde à part @Oscar , je m’en rends bien compte, mais voici les ventes Hardware de la semaine dernière au Japon (1er avril - 6 avril), publiées il y a quelques heures, et…

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… On y découvre que Famitsu a silencieusement profité de la nouvelle année fiscale japonaise (1er avril) pour arrêter de comptabiliser et publier les ventes de consoles 3DS et 2DS. La console a donc fait partie des charts de ventes entre février 2011 et mars 2024, soit plus de treize ans. Ces 685 semaines ne lui permettent toutefois pas de passer la PlayStation 2.

Ça arrive aussi en même temps que la fin du service de jeu en ligne de la bécane, donc c’est vraiment la fin d’une époque. C’est peut-être ça, le vrai début de l’Ère Reiwa !

Toujours est-il que la PS5 continue de connaître un début 2024 morose, a fortiori depuis la hausse du prix des deux modèles pour enrayer les exports motivés par le taux abyssal du yen.


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What a time to be alive…

Allez, pour la poilade: