Quand j’y repense trente ans plus tard, 1996, quelle année maboule pour la
SEGΛSΛTURN :
En janvier, on se remettait donc tout juste du Noël de Virtua Fighter 2 + Sega Rally Championship + Virtua Cop + Devil Summoner qui avait permis à la Saturn de finir en tête de l’année 1995 au Japon (la seule année jamais perdue par Nintendo question ventes de consoles) – et d’éviter le speedrun de l’échec en Occident. La grosse sortie de janvier était le portage de Street Fighter ZERO, mais c’était surtout le mois de sortie de Guardian Heroes, le mélange détonnant de beat’ Fantasy en co-op à quatre (façon The Revenge of Death Adder et Dungeons & Dragons: Tower of Doom), de la baston Vs. sauce Treasure (donc suite spirituelle du Yū☆Yū☆Hakusho Makyōtoitsusen de 1994) et des Action RPGs sur PC Engine et Super Famicom, avec ses progressions de stats et ses embranchements multiples. Déjà, l’année commençait bien.
Ensuite, en février, la Saturn recevait un portage de Vampire Hunter, sans doute le meilleur jeu de baston de Capcom à l’époque – en tout cas le plus beau – alors que la PlayStation devait simultanément se contenter du premier Vampire faute de perfs 2D suffisantes. Le chehPS-II. Mais le Japon plébiscitait surtout l’apparition de la série J.League Pro Soccer Club wo Tsukurō!, le pendant japonais de Football Manager.
Mars était le premier mois complètement dingue de l’année avec la sortie de Shinseiki Evangelion pile au moment où la série devenait un phénomène de société au Japon, le portage fortement médiatisé de The King of Fighters '95, des sorties Saturn originales majeures comme Panzer Dragoon Zwei ou Gun Griffon, le sous-estimé Kururin Pa! cher à @Tristan, Gradius Deluxe Pack Plus et Snatcher chez Konami, ou encore The Tower de Yoot Saito. Mais à mes yeux, la sortie-phare de mars 1996 est plutôt J.League Victory Goal '96 qui fut, avant le réveil de Konami Sports, le premier véritable grand jeu de foot en polygones et la référence des simus de football au moment de sa sortie, au sommet du boom de la J.League.
J’ai passé l’intégralité de mon avril 1996, au grand dam de mes performances scolaires, sur la version japonaise de Dragon Force, introduction parfaite aux jeux de stratégie grande échelle avec ses huit royaumes interconnectés, ses régents charismatiques mais réduits à des décisions somme toute assez simples à gérer pour un toto dans mon genre, et bien sûr ses combats impressionnants avec 200 sprites se mettant sur la gueule à l’écran. Je triche un peu car c’est sorti le 29 mars, mais c’était ça ou une explication gênante sur Nanamura Byōin no Hitobito, combien il s’en est vendu et pourquoi il y a un gros X18 rouge sous la belle illustration avec les infirmières dévêtues.
Avec les beaux jours, trois retours : le remake de Feda: The Emblem of Justice (le demi-frère de Shining Force), le premier portage sur consoles de l’excellent Metal Black de Taito, l’adorable jeu de plateforme Keiō Yūgekitai: Katsugeki-hen (Keio Flying Squadron 2) faisant suite à une des bonne surprises du catalogue Mega CD. Mais je mentirais si je prétendais qu’à l’époque, la hype n’était pas totalement réservée à Dragon Ball Z: Idainaru Dragon Ball Densetsu, excellente suite du chouette jeu DBZ de la PC Engine qui permettait de se refaire l’intégrale des arcs de Dragon Ball Z avec un système de combat qui reste possiblement le truc le plus proche de la véritable chorégraphie des combats du dessin animé. C’est aussi le mois de sortie du tout premier jeu SEGA AGES.
La sortie la plus connue du mois de juin 1996 est NiGHTS into Dreams… mais je lui préfère le péché mignon Hissatsu!, obscur jeu d’action vieille école adapté d’une série TV-culte, ou même le très CGItrès Multimedia très CD-ROM jeu d’aventure Gekkamugentan TORICO, que j’aurais choisi de mettre en avant si juin n’avais pas également été un mois maousse pour les fans de STG, avec Darius II chez Taito, Strikers 1945 chez Psikyo et Shippu Mahō Daisakusen: Kingdom Grand Prix chez Raizing.
On arrive au meilleur jeu Saturn de 1996 (Meilleur jeu de 1996 tout court ? Meilleur jeu Saturn tout court ? Ça se discute) : Saturn Bomberman. La meilleure version du meilleur jeu multi : le plus beau jeu de la série, son meilleur mode Story, ses meilleures arènes multi, du multi à huit – et même son fameux mode haute définition à dix sincèrement vachement moins intéressant mais bon, content qu’il y ait un gimmick pour convertir de nouvelles brebis. OST en béton, aussi. 10/10, le chef d’œuvre de Hudson. Dommage pour l’excellent Decathlete, le portage impeccable de Tokimeki Memorial ~Forever With Me~ et Puzzle Bobble 2X que j’ai poncé en long et en large à l’époque. C’est aussi l’été où Sega a lancé le jeu en ligne sur Saturn.
Comme d’habitude, un mois d’août un peu plus calme que les autres mais tout de même quelques deep cuts sympathiques comme Cyber Doll et Nazomakaimura, ou encore Alien Trilogy pour le public japonais, mais le mois s’est conclu sur deux incroyables bangers sortis le même jour : le fameux portage de Fighting Vipers avec Pepsiman, au somment de la folie Virtua Fighter 2, et surtout Dark Savior, l’expérimentale et fascinante suite spirituelle de Landstalker par Climax. Les deux sont dans mon top 5 de la Saturn pour 1996 et sont sortis le même jour, bigre !
Septembre 1996, c’est l’autre mois complètement zinzin de la console avec Sakura Taisen, Street Fighter ZERO2 (même pas huit mois après le premier), Real Bout Fatal Fury (même pas six mois après Fatal Fury 3), la meilleure version de Policenauts, Sega Rally Championship PLUS, Mobile Suit Gundam Gaiden Episode I, Magical Drop II, Tokimemo Puzzledama et l’excellente version SEGA AGES d’Out Run. Mais je dois concéder un faible pour le génial Tenchi wo Kurau II de Capcom, qui m’était complètement inconnu à l’époque (va trouver une borne Dynasty Wars sur Paris en 1996), acheté sur un coup de tête pour l’illustration et le logo Capcom, et qui s’est révélé mon beat’em up Capcom préféré. La belle époque des achats au pif.
Plusieurs sorties notables en octobre comme le très attendu (mais finalement décevant) Langrisser III, le portage de Batsugun et le remake Lunar: The Silver Star Story, mais difficile de supplanter le troisième plus important jeu en polygones sorti en 1996, après Super Mario 64 et Quake : Tomb Raider, dont d’aucuns oublient trop vite que c’était une exclu temporaire sur Saturn en octobre 1996. Je vous mets la jaquette japonaise pour rester consistant visuellement mais notez que Tomb Raiders n’est sorti là-bas qu’en janvier 1997 (puis février sur PlayStation).
J’ai toujours largement préféré Christmas NiGHTS into Dreams… à son pendant laïque, et c’est le jeu iconique des fêtes chaque fin d’année pour la communauté Saturn (au point que je ne pige pas pourquoi Sony et Nintendo n’y ont jamais pensé) mais j’aurais aussi pu mettre en avant Virtua Cop 2, Digital Pinball Necronomicon, Ogre Battle, Purikura Daisakusen, Sexy Parodius, Sengoku Blade, Virtual On ou même la sortie japonaise du FPS Exhumed, précurseur de la formule Metroid Prime.
Et pour conclure cette année historique, décembre ne fut pas en reste avec Shining The Holy Ark, The King of Fighters '96, Super Puzzle Fighter IIX, Jikkyō Oshaberi Parodius ~Forever with Me~, Enemy Zero, (possiblement encore aujourd’hui la meilleure version de) Tactics Ogre et, bien sûr, le meilleur jeu de baston de l’ère 32bit: Fighters Megamix.
Un mois plus tard, c’est FF7 et la fin des haricots mais putain, 1996, quel cru exceptionnel !
(Pas fait exprès mais c’est aussi le 500ème post de ce topic ; c’est rigolo. À mon grand étonnement, je ne suis l’auteur que de 57% des messages sur ce fil.)











